Comment les services en ligne de jeunes diplômés s’imposent-ils dans les parcours professionnels au Sénégal ? Sur WhatsApp, Instagram et TikTok, de jeunes entrepreneurs proposent désormais des repas, des soins esthétiques, de la lessive, du nettoyage, du mobilier ou encore des tontines.
À Touba, Mouminatou, 27 ans, diplômée en économie et gestion, s’est orientée vers la pâtisserie dans le quartier de Mbaar Ya. Elle préparait d’abord des gâteaux pour ses proches avant de présenter ses produits sur WhatsApp. Cette activité constitue aujourd’hui sa principale source de revenus.
Dans la même ville, Serigne Dane, âgé de 24 ans, vend des vêtements de seconde main sur les réseaux sociaux. Faute de moyens pour louer une boutique, il expose ses articles en ligne et organise des ventes en direct avec ses clients.
À Dakar, M. Diba, 29 ans, assure chaque jour des livraisons à moto depuis Gouy-Sor, dans la commune de Ouakam. Il transporte des repas, des colis et des marchandises pour des particuliers et des commerces. Son compte WhatsApp professionnel lui sert à échanger avec les clients et à planifier ses courses. L’essor de ces services a conduit le gouvernement à réunir les professionnels de la livraison afin de structurer le secteur, en partenariat avec les ministères de la Communication et des Transports. Pour ces travailleurs qui exercent souvent sans boutique ni cadre formel, l’enjeu est désormais de mieux organiser une activité devenue indispensable au commerce en ligne.
Des revenus exposés aux difficultés
Le coût de la connexion, l’irrégularité des commandes et la recherche de clients compliquent toutefois le développement de ces activités. M. Diba souhaite malgré tout en faire son activité principale et élargir ses services.
Le risque de fraude concerne aussi bien les vendeurs que les prestataires. Awa Guèye, ménagère qui exerce occasionnellement dans le commerce en ligne, affirme avoir livré pour 35 000 francs CFA des poissons fumés, des escargots séchés et des fruits secs. Après réception, sa cliente aurait annulé le transfert puis bloqué la vendeuse sur ses différentes plateformes.
Des faux vendeurs proposent également des produits inexistants. Gnagna raconte avoir versé 1 000 francs CFA par jour à une femme qui organisait une tontine alimentaire. Après plusieurs mois de paiements, la gestionnaire a disparu sans remettre les paniers prévus.
Ces pratiques ont déjà conduit à des interpellations par la Division de la cybercriminalité. L’APS rapporte aussi qu’une enquête signalée par l’Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal a permis de démanteler un réseau présumé d’escroquerie opérant sur TikTok.
Le réseau présumé aurait fait 121 victimes, pour un préjudice cumulé estimé à près de 5 millions de francs CFA.

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