Sénégal : La précarité des pêcheurs artisans face aux dangers de la mer

Au Sénégal, les pêcheurs artisans de Mbour et de Saly bravent quotidiennement les dangers de la mer pour assurer l’approvisionnement en poisson frais. Leur rémunération, souvent irrégulière et insuffisante, ne reflète pas les risques encourus. « Il arrive que nous passions toute la nuit à ramer ou à poser les filets, sans garantie de retour », confie Mamadou Diop, pêcheur depuis vingt ans à Saly, cité par « Sud Quotidien ».

Les conditions de travail en mer sont difficiles, avec des embarcations rudimentaires et des conditions météorologiques imprévisibles. Les accidents, parfois mortels, sont une réalité constante. Malgré cela, le système de rémunération, basé sur le partage des captures, reste fragile. Les retards de paiement, le manque de transparence et les coûts d’exploitation réduisent les revenus des pêcheurs. « Parfois, il nous faut attendre plusieurs jours, voire une semaine, pour recevoir notre argent », témoigne Awa Fall, pêcheuse à Mbour.

La hausse des prix du carburant, des filets et des appâts, ainsi que la fluctuation des prix du poisson sur les marchés, fragilisent davantage la situation économique des pêcheurs. Selon l’Observatoire National de la Pêche Artisanale, plus de 60% des pêcheurs artisanaux au Sénégal estiment que leur rémunération est insuffisante. Des solutions sont envisagées, telles que la formalisation des contrats, l’utilisation du paiement mobile et la mise en place d’une prime de risque officielle. L’objectif est de garantir une rémunération juste et de valoriser le travail de ces acteurs essentiels à l’économie locale et à la sécurité alimentaire.

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