La confirmation par le président Bassirou Diomaye Faye du recours du Sénégal au Cadre commun du G20 pour le traitement de sa dette suscite des réactions. Au lendemain de l’entretien accordé par le chef de l’État à France 24 et RFI, l’ancien ministre de l’Économie Abdourahmane Sarr a exprimé son désaccord avec l’orientation retenue par les autorités.
Dans une publication sur son compte X visité par Senego, le président du CEFDEL et ancien économiste du FMI estime que le choix annoncé par le chef de l’État diffère des éléments communiqués lors de la récente visite présidentielle à Washington. Il rappelle également que la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, avait déjà salué l’intention des autorités sénégalaises de procéder à un traitement de la dette.
Un désaccord sur le diagnostic de la dette
Abdourahmane Sarr dit ne pas partager le diagnostic économique qui sous-tend cette décision, ni l’idée de faire du Sénégal un « cas test » du Cadre commun du G20.
Selon lui, le programme négocié avec le FMI, qui vise notamment à rétablir la viabilité de la dette, conduit à considérer qu’un traitement des créanciers est nécessaire. Une conclusion qu’il conteste.
« Nous contestons ce verdict », affirme-t-il, estimant qu’avant d’engager une restructuration, il aurait fallu démontrer qu’une trajectoire permettant de rendre la dette soutenable sans restructuration n’était pas possible.
Le Sénégal et le FMI ont conclu, le 1er septembre, un accord au niveau des services pour un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars. Le programme prévoit notamment des mesures destinées à restaurer la viabilité des finances publiques et à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures. Les autorités ont parallèlement lancé le Plan de traitement de la dette du Sénégal.
« Nous ne sommes pas dans une situation qui exige l’austérité »
L’ancien ministre rejette par ailleurs l’idée selon laquelle le Sénégal serait confronté à un choix entre restructuration de la dette et austérité.
« L’alternative n’est pas entre restructurer la dette et imposer l’austérité aux Sénégalais, encore moins sacrifier les populations vulnérables », soutient-il.
Pour Abdourahmane Sarr, l’enjeu réside plutôt dans un « ajustement » et une transformation de la dépense publique, notamment en ce qui concerne le niveau et l’efficacité de l’investissement. Il estime qu’un retour du déficit budgétaire à 3 % du PIB dès 2027 aurait pu être recherché parallèlement à une transformation plus profonde des mécanismes de dépense publique.
Le cadre d’analyse du FMI également contesté
Abdourahmane Sarr met également en question le cadre utilisé pour apprécier la soutenabilité de la dette sénégalaise. Il souligne que le diagnostic doit encore être établi avec l’actuel cadre d’analyse du FMI et de la Banque mondiale pour les pays à faible revenu.
Il rappelle à ce propos que les deux institutions viennent d’adopter une réforme de ce cadre, destinée notamment à mieux prendre en compte l’évolution des modes de financement et l’hétérogénéité des pays concernés. La réforme doit entrer en vigueur progressivement à partir de 2027.
L’économiste considère que le cadre actuel ne reflète pas suffisamment, selon lui, la réalité du Sénégal et de l’UEMOA. Il plaide ainsi pour qu’une trajectoire permettant de restaurer la soutenabilité de la dette sans restructuration soit pleinement évaluée avant toute opération de traitement.
« Le Sénégal n’est pas dans une trajectoire de rupture », estime enfin Abdourahmane Sarr, qui appelle à un changement de modèle de financement du développement et à une transformation de la trajectoire budgétaire du pays.
Contrairement à ses communiqués lors de sa récente visite à Washington, le Président de la République vient de confirmer sur France 24 le choix du Sénégal de recourir au Cadre commun du G20 pour le traitement de sa dette. La Directrice générale du FMI, qui avait été la dernière à… pic.twitter.com/JNcXlgxgIr
— Abdourahmane SARR (@RahmaneSARR) September 25, 2026





La réponse à cette dette c’est le monopole de nos ressources naturelles, qu’elles restent 100% senegalaises !
Si macky tombe ta sœur tombe
Je crois pas aux affirmations d’un pastefien
Voici un intellectuel quand il parle tu as en face de toi un maître de conférences des universités devant toi une belle initiative pour les éboueurs Waterloo