Pourquoi le divorce entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ex-Premier ministre Ousmane Sonko a-t-il éclaté au grand jour ? La nouvelle émission « Sans Filtre » de Jeune Afrique s’est penchée sur les causes profondes de cette rupture, en explorant notamment le rôle joué par la révélation de la dette cachée du Sénégal.
Depuis l’arrivée au pouvoir du tandem en 2024, les autorités ont mis en lumière l’ampleur réelle de la dette publique, bien supérieure aux chiffres communiqués sous l’ancien président Macky Sall. Le cabinet Oxford Economics a estimé que le ratio dette/PIB atteignait 118,8 % fin 2024, contre 74,4 % précédemment annoncé. Cette transparence a entraîné une dégradation de la note souveraine du pays, mais elle est également perçue comme un préalable à un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
Lors du débat « Sans Filtre », les participants ont décortiqué les tensions entre les aspirations souverainistes du parti Pastef et les exigences de l’institution financière. Jeune Afrique rapporte que le FMI a évoqué une « décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette » et une possible « intention explicite de dissimulation de certains engagements ». Ces accusations ont exacerbé les divisions au sein de l’exécutif.
Sur le plan politique, le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, le 25 mai 2026, a marqué un tournant. Son successeur, Al Aminou Lo, multiplie depuis les signaux d’ouverture envers le FMI. Des voix s’élèvent pourtant pour critiquer ce réalignement. Une tribune citoyenne, relayée par la presse locale, dénonce un « glissement sémantique » entre les promesses de rupture du Pastef et l’acceptation des conditionnalités du FMI.
La Cour des comptes, de son côté, n’a pas utilisé l’expression « dette cachée » dans son propre rapport, contrairement aux déclarations du FMI.
