Sanctionné par Paris après une convocation ignorée, l’ambassadeur américain perd un privilège diplomatique majeur

Les relations diplomatiques entre Paris et Washington traversent une nouvelle zone de turbulences. À la suite de commentaires de l’administration américaine sur une affaire de sécurité intérieure française, le représentant des États-Unis s’est soustrait à une convocation officielle, entraînant une réaction immédiate du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Le gouvernement français a pris la décision d’interdire à l’ambassadeur des États-Unis, Charles Kushner, de rencontrer les ministres de la République. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette mesure fait suite à son absence lors d’une convocation au Quai d’Orsay, destinée à clarifier des déclarations de l’administration de Donald Trump.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, avait convoqué le diplomate après que l’ambassade américaine à Paris a relayé des publications du bureau de lutte contre le terrorisme du département d’État. Ces commentaires portaient sur la mort de Quentin Deranque, un militant d’extrême droite de 23 ans, tué lors d’une altercation avec des individus présentés comme des militants d’extrême gauche. Le département d’État américain y dénonçait la montée d’un « gauchisme radical violent » constituant une menace pour la sécurité publique.

Au lieu de répondre personnellement à cette convocation, Charles Kushner a dépêché un haut responsable de l’ambassade, invoquant des engagements personnels. Le ministère français a justifié sa sanction par voie de communiqué, évoquant une incapacité à saisir « les exigences fondamentales de la mission d’ambassadeur et l’honneur de représenter son pays ». Si l’accès direct aux membres du gouvernement lui est désormais fermé, l’ambassadeur conserve l’autorisation d’exercer ses fonctions diplomatiques courantes.

Ce refus de se présenter n’est pas un fait inédit pour le diplomate. En août 2025, Charles Kushner avait déjà décliné une convocation similaire après avoir reproché au président Emmanuel Macron son inaction supposée face à l’antisémitisme. Il s’était alors fait représenter par le chargé d’affaires américain.

Le ministre Jean-Noël Barrot a vivement réagi aux commentaires américains, affirmant que la France n’avait « aucune leçon à recevoir, particulièrement sur la question de la violence, de la part du mouvement réactionnaire international ».

Cette affaire a également provoqué des frictions avec l’Italie. La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, s’est exprimée sur le décès du militant, poussant Emmanuel Macron à lui demander publiquement de cesser de commenter les affaires intérieures d’autres pays.

Charles Kushner, père du gendre de Donald Trump, occupe ce poste après un parcours controversé aux États-Unis. Cet ancien avocat avait été radié du barreau et emprisonné pendant deux ans pour contributions électorales illégales, évasion fiscale et subornation de témoins, avant de bénéficier d’une grâce présidentielle lors du premier mandat de Donald Trump.

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