À Matam, le procureur de la République Saliou Diagne a tenu à nuancer la perception de la criminalité liée à la drogue. S’exprimant vendredi devant des journalistes, il a reconnu la réalité du phénomène, mais a écarté toute idée de situation désespérante ou endémique.
« Nous avons trouvé que le phénomène était réel dans la zone, mais la situation n’est pas désespérante, elle n’est pas aussi endémique », a-t-il déclaré, selon l’APS. Il a précisé que les affaires de violences sous l’emprise de stupéfiants ne sont pas quotidiennes au tribunal, tout en pointant du doigt des jeunes motocyclistes et des bergers qui usent de drogue ou d’alcool avant de commettre des agressions.
Des parents civilement responsables
Le magistrat a insisté sur la responsabilité parentale, alors que de nombreux mineurs sont impliqués dans ces actes. « Les parents ont un devoir de surveillance et de correction sur les enfants, selon le code de la famille, car ils sont civilement responsables », a-t-il rappelé, ajoutant que la morale et la religion les y obligent également.
Saliou Diagne est également revenu sur le meurtre d’une fillette de deux ans à Kanel, survenu il y a quelques semaines. Trois suspects ont été arrêtés et l’affaire est actuellement à l’instruction. « Ce sont des faits répugnants et ignobles pour lesquels la justice va prendre toutes les mesures nécessaires pour que la lumière soit faite », a-t-il assuré.
Par ailleurs, la région de Matam, où le taux de violences basées sur le genre culmine à 36 %, bien au-dessus de la moyenne nationale, reste globalement calme selon le procureur. Il a attribué cette stabilité aux forces de défense et de sécurité, tout en reconnaissant que le parquet est parfois confronté à des dossiers préoccupants, notamment le trafic international de drogue sur le corridor Tamba-Bakel-Matam.
