Rupture avec Diomaye : ces (5) cadres de PASTEF qui défient la ligne Sonko

Depuis la formation du gouvernement Ahmadou Al Aminou Lô, Ousmane Sonko répète que PASTEF ne participe pas à l’exécutif et n’y compte aucun ministre. Mais plusieurs personnalités issues du parti ou de sa mouvance ont choisi de rester dans le dispositif, de défendre Diomaye ou d’accepter des postes ministériels. Des choix individuels qui ouvrent une nouvelle bataille : celle de la loyauté politique à l’intérieur même de PASTEF.

La crise entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne se limite plus au sommet de l’État. Après le limogeage de Sonko, la nomination du gouvernement Ahmadou Al Aminou Lô et l’annonce de PASTEF de ne pas participer à cette équipe, le débat s’est déplacé vers les cadres du parti. Le corpus de réactions montre que la question des ministres issus ou proches de PASTEF est désormais devenue l’un des points les plus sensibles de la séquence politique.

Reuters relève d’ailleurs cette ambiguïté : Sonko affirme que PASTEF ne participe pas au nouveau gouvernement, alors que le cabinet comprend malgré tout des personnalités liées au parti. Cette situation alimente les tensions autour de la ligne officielle fixée par l’ancien Premier ministre, désormais président de l’Assemblée nationale.

1. Moussa Bala Fofana, le cas le plus net

Moussa Bala Fofana est le cas le plus direct. Reconduit dans le gouvernement, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a annoncé sa démission de PASTEF tout en assumant son choix de rester dans l’exécutif.

Dans son communiqué, il explique avoir choisi le “devoir envers la Nation” plutôt qu’une logique strictement partisane. Plusieurs médias sénégalais ont repris cette déclaration, dans laquelle il affirme vouloir poursuivre la mission confiée au service du pays.

Son cas est politiquement lourd, car Moussa Bala Fofana n’est pas un profil extérieur à l’histoire récente de PASTEF. Il a été associé au travail intellectuel et programmatique du parti, notamment autour des questions de territoires et de développement. Son départ de PASTEF, combiné à son maintien au gouvernement, symbolise donc une rupture assumée avec la ligne Sonko.

2. Aldiouma Sow, le défenseur public de Diomaye

Aldiouma Sow représente un autre type de défi. Ministre-conseiller à la Présidence et membre du Bureau politique national de PASTEF, il ne s’est pas contenté de garder une posture silencieuse. Il a publiquement défendu les cadres ayant répondu à l’appel du président Bassirou Diomaye Faye.

Dans une sortie très commentée, il a dénoncé ce qu’il appelle une dérive ou un “messianisme destructeur” au sein du parti, tout en rejetant l’idée d’un pacte secret entre Diomaye et Sonko au Cap Manuel.

Sa prise de position a immédiatement provoqué une réaction interne. Le bureau de PASTEF Somone a annoncé le retrait de sa confiance à Aldiouma Sow et l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre lui. Ce cas montre que le désaccord ne reste plus au niveau des déclarations nationales : il produit déjà des effets dans les structures locales du parti.

3. Yankhoba Diémé, le ministre contesté par sa base

Yankhoba Diémé fait partie des figures les plus sensibles de cette nouvelle séquence. Reconduit dans le gouvernement Al Aminou Lô, il hérite du ministère des Forces armées. Son maintien dans l’exécutif intervient alors que Sonko affirme que PASTEF ne participe pas au gouvernement.

Des reprises médiatiques et des publications largement partagées indiquent que la section PASTEF de Bignona a réagi à sa reconduction en annonçant son retrait des espaces internes, voire son exclusion. Cette information doit être traitée avec prudence tant qu’un communiqué officiel national du parti n’est pas disponible, mais elle illustre la pression exercée par les bases locales sur les responsables restés dans le gouvernement.

Le cas Diémé est important parce qu’il montre que la fracture ne concerne pas seulement Dakar ou les hautes sphères de l’État. Elle touche aussi les coordinations locales, là où les militants demandent désormais aux responsables de clarifier leur camp.

4. Abdoul Ahad Ndiaye, le député devenu ministre

Abdoul Ahad Ndiaye incarne une autre zone de tension. Élu député sous la bannière PASTEF, il a été nommé ministre des Transports terrestres et aériens dans le gouvernement Al Aminou Lô. L’APS le présente comme un polytechnicien, ingénieur informaticien et industriel, appelé à piloter un département stratégique pour la modernisation des transports.

Après sa nomination, un message de remerciement attribué à Abdoul Ahad Ndiaye a circulé, dans lequel il exprime sa gratitude au président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Al Aminou Lô. Le corpus de veille montre que cette prise de parole a suscité un fort engagement sur les réseaux sociaux.

Son cas pose une question politique simple : un élu PASTEF peut-il entrer dans un gouvernement que son parti dit ne pas intégrer ? Pour ses soutiens, il s’agit d’un appel au service de l’État. Pour les partisans de la ligne Sonko, c’est une ambiguïté qui brouille la responsabilité politique du parti.

5. Marie Angélique Diouf, l’entrée au gouvernement qui rebat les cartes à l’Assemblée

Marie Angélique Diouf est un cas moins bruyant, mais institutionnellement important. Sa nomination dans le gouvernement Al Aminou Lô a entraîné son remplacement à l’Assemblée nationale par sa suppléante Salimata Dieng. SeneNews et Leral ont confirmé que ce siège de députée revient désormais à Salimata Dieng à la suite de l’entrée de Marie Angélique Diouf dans l’exécutif.

L’intérêt de ce cas dépasse la simple mécanique parlementaire. Marie Angélique Diouf était élue dans le cadre de la majorité portée par PASTEF. Son entrée au gouvernement ajoute donc un autre nom à la liste des personnalités issues de cette mouvance qui se retrouvent dans une équipe que Sonko refuse de considérer comme représentative du parti.

Son cas est moins frontal que celui de Moussa Bala Fofana ou d’Aldiouma Sow, car elle n’a pas, dans les sources consultées, tenu une déclaration de rupture contre Sonko. Mais politiquement, sa présence dans le gouvernement contribue à cette zone grise que PASTEF tente désormais de clarifier.

Une fracture entre parti, État et loyautés individuelles

Ces cinq cas ne sont pas identiques. Moussa Bala Fofana a clairement rompu avec PASTEF. Aldiouma Sow a publiquement défendu Diomaye contre une partie de la ligne Sonko. Yankhoba Diémé est contesté par sa base locale. Abdoul Ahad Ndiaye et Marie Angélique Diouf incarnent plutôt une tension institutionnelle : celle d’élus ou de profils issus de PASTEF qui rejoignent l’exécutif malgré la non-participation officielle du parti.

Mais ensemble, ils racontent la même chose : la crise Diomaye-Sonko entre dans une nouvelle phase. Elle ne se résume plus à un désaccord entre le président de la République et son ancien Premier ministre. Elle oblige désormais chaque responsable issu de PASTEF ou de sa mouvance à choisir entre la discipline du parti, la loyauté au chef de l’État et sa propre lecture du devoir républicain.

C’est précisément cette bataille des loyautés qui risque de structurer les prochaines semaines politiques.

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Un commentaire

  1. Ce que ce genre d’article provoque n’est pas bon . Ceux qui sont partis l’ont fait librement . Le pastef n’est pas une armee ou la desertion est punie . Ils sont partis en connaissant toutes les conséquences de leurs actes . . Pourquoi en faire tout un bruit . Je suis sur que d’autres rejoindront le pastef . Et que l’avenir nous dira s’ils ont eu raison ou pas de partir . Un avenir de toutes les façons pas lointain

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