Rufisque : cinq jeunes poursuivis, dont quatre pour séquestration, sur fond de vidéos intimes présumées

Lundi, cinq jeunes ont été présentés au parquet du tribunal de grande instance de Rufisque dans une affaire de séquestration à Rufisque. Un retour de parquet a été décidé après leur passage devant le procureur.

La procédure fait suite à une plainte déposée le 10 août par O. Fofona. Celui-ci accuse les jumeaux O. Ly et A. Ly, M. Faye et M. Guèye d’être entrés chez lui, de l’avoir attaché avec un foulard, menacé de mort et filmé.

Les policiers du Commissariat central de Rufisque ont vérifié les déclarations des différentes parties sous la supervision du commissaire Demba Ngagne Tine. Les quatre personnes mises en cause ont été interpellées au quartier Fass Conteneur, rapporte senegaldirect.

Les auditions ont fait apparaître un différend lié à des travaux de cuisine prévus dans le cadre du Grand Magal de Touba. O. Fofona aurait évoqué une rémunération de 500 000 francs CFA et la promesse de 50 000 francs CFA pour chacun des quatre jeunes appelés à participer.

Les mis en cause ont livré une autre version. Ils auraient accusé O. Fofona de leur avoir fait subir des actes à caractère sexuel et expliqué s’être rendus à son domicile pour lui demander des comptes.

Les enquêteurs ont ensuite découvert, dans le téléphone de M. Guèye, des vidéos à caractère sexuel montrant O. Fofona et M. Guèye, selon les éléments de la procédure. Les investigations portent notamment sur les circonstances de leur enregistrement et de leur conservation.

Cette découverte s’inscrit dans un environnement où les vidéos compromettantes ont déjà constitué le point de départ d’affaires aux ramifications plus larges à Rufisque-Est. Des individus interpellés dans ce secteur avaient été liés à une affaire de « partouze homosexuelle », tandis que l’enquête avait fait apparaître des liens avec Mor Khary Ndiaye, dit « Joe », condamné dans une affaire similaire. À ce stade, aucun élément ne permet toutefois d’établir un lien entre ces procédures et le dossier actuellement instruit.

La récurrence de ce type d’affaires a également été relevée dans la région : à Sangalkam, deux hommes surpris en plein ébats sexuels avaient été sauvés du lynchage par la gendarmerie avant d’être placés en garde à vue pour actes contre nature. Ces précédents éclairent la tension entourant les accusations actuelles, alors que les enquêteurs doivent distinguer les faits reprochés, les conditions de réalisation des vidéos et les éventuelles violences commises.

Une ancienne procédure concernant O. Fofona a également été examinée. Son nom aurait été cité en 2016 dans une affaire portant notamment sur des accusations de viol et d’acte à caractère sexuel, sans établir sa responsabilité dans le dossier actuel.

O. Fofona est poursuivi pour acte contre nature. Les quatre autres suspects font l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, séquestration, menaces de mort et violation de domicile.

Le dossier a fait l’objet d’un retour de parquet après la présentation des cinq personnes au tribunal de grande instance de Rufisque.

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