Le président béninois Romuald Wadagni a été reçu le 9 juin à Dakar par son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre d’une tournée régionale entamée moins de deux semaines après son investiture du 24 mai. Arrivé à l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor, Wadagni a eu un entretien en tête-à-tête avec Diomaye Faye, avant que les discussions ne se poursuivent au Palais de la République. Selon la présidence sénégalaise, les échanges ont porté sur le renforcement des relations bilatérales, la coopération économique et financière, ainsi que les défis sécuritaires et politiques en Afrique de l’Ouest. Aucun accord formel ni déclaration conjointe n’avaient été communiqués dans l’après-midi du 9 juin.
Une tournée aux enjeux multiples
Cette visite à Dakar s’inscrit dans un deuxième cycle de déplacements qui comprend également le Mali et la Guinée-Bissau, le même jour. Au Mali, la rencontre revêt une dimension symbolique : le colonel Assimi Goïta avait été représenté à l’investiture de Wadagni par son ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, qui avait affirmé la disponibilité de Bamako à « bâtir une relation bilatérale fondée sur le respect de la souveraineté ». Le Mali a officiellement quitté la CEDEAO avec le Burkina Faso et le Niger en juillet 2025 pour former la Confédération des États du Sahel (AES), modifiant profondément l’architecture diplomatique de la sous-région.
La Guinée-Bissau constitue l’étape la plus sensible : Wadagni y effectue la première visite présidentielle étrangère depuis le coup d’État du 26 novembre 2025 qui a renversé le président élu Umaro Sissoco Embaló. Le pays est dirigé par une junte militaire dont la reconnaissance internationale reste partielle.
Un repositionnement diplomatique assumé
Ce second cycle fait suite à un premier qui avait conduit Wadagni au Niger, au Burkina Faso, au Nigeria, au Togo et en Côte d’Ivoire début juin. En visitant les trois pays de l’AES dans les dix premiers jours de sa présidence, le nouveau chef de l’État béninois marque une rupture avec la stratégie d’isolement défendue sous Patrice Talon. Romuald Wadagni avait été investi le 24 mai 2026 avec plus de 94 % des voix, succédant à Patrice Talon après dix années de pouvoir. Son élection, confirmée par la Cour constitutionnelle le 12 avril 2026, avait été marquée par une cérémonie d’investiture sans chefs d’État invités, signe des tensions régionales. Dans son discours d’investiture, il avait déclaré : « Dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble. » La prochaine étape du calendrier diplomatique béninois n’a pas été communiquée par la présidence, rapporte Beninwebtv.
