Riyad abandonne la médiation et finance 100 blindés pour l’armée soudanaise, exhibés à Khartoum

Longtemps médiateur dans le conflit soudanais, l’Arabie saoudite a franchi un cap en finançant directement l’armée régulière. Ce changement s’est matérialisé dimanche 2 août à Khartoum, où des blindés flambant neufs ont défilé sous les yeux du public.

Ces 100 blindés Mohafiz V, financés par l’Arabie saoudite, ont défilé dimanche à Khartoum. Produits par les industries militaires pakistanaises, ils sont légers et rapides, adaptés aux terrains du Kordofan et du Darfour, selon des officiers cités par Sudan Tribune. Leur défilé dans la capitale soudanaise visait à afficher le soutien désormais direct de l’Arabie saoudite à l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan.

Cet appui matériel intervient alors que les forces armées soudanaises accentuent leur pression militaire. Depuis le début de l’année 2026, elles ont infligé de lourdes pertes aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), détruisant près de 240 véhicules de combat et reprenant la ville stratégique de Bara, dans le Nord-Kordofan, en mars dernier.

Vendredi 7 août, le ministre soudanais de la Défense, le lieutenant-général Hassan Daoud Karun, a promis de poursuivre les opérations jusqu’à chasser les « traîtres », en référence aux FSR. Le Premier ministre Kamel Idriss a évoqué « les efforts en cours pour libérer le Darfour ».

Le revirement de Riyad s’explique par ses différends avec les Émirats arabes unis, qui soutiennent les paramilitaires, selon des observateurs. Jusqu’ici, le royaume saoudien avait financé des projets humanitaires au Soudan, comme des hôpitaux et des centrales électriques, tout en menant des médiations. Désormais, il fournit ouvertement des armes.

Selon les informations recueillies par RFI Afrique, Riyad a financé l’achat de 100 blindés Mohafiz V pour l’armée soudanaise. Sur le terrain, les combats continuent de provoquer des déplacements : près de 7 000 personnes ont fui le Darfour-Ouest depuis le 4 août, principalement vers le Tchad, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

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