Révision des articles L29 et L30 : La fin d’une épée de Damoclès suspendue sur la démocratie sénégalaise

Pendant trop longtemps, les articles L29 et L30 du code électoral ont été brandis comme des armes. Non pas pour protéger la démocratie, mais pour l’étouffer. Ces deux dispositions, utilisées de mauvaise foi par des régimes qui craignaient la compétition politique loyale, ont laissé derrière elles un bilan douloureux : plus de 80 jeunes fauchés dans la fleur de l’âge, plus de 2000 citoyens emprisonnés pour avoir simplement voulu participer à la vie politique de leur pays, des familles brisées, des rêves enterrés, et un Sénégal meurtri dans sa chair et dans son âme.

L29 et L30 sont devenus les symboles d’une justice sélective, d’une démocratie à deux vitesses, où l’on pouvait effacer un adversaire non par les urnes, mais par les tribunaux.

Alors aujourd’hui, la modification de ces articles par l’Assemblée nationale est bien plus qu’un acte législatif. C’est un acte de réconciliation nationale. C’est un engagement solennel que les contestations politiques ne se règleront plus par l’emprisonnement, que les candidatures ne seront plus éliminées par des manœuvres juridiques, et que la jeunesse sénégalaise pourra s’engager sans craindre d’y laisser sa liberté ou sa vie.

Aux députés du groupe Pastef qui ont porté et voté cette modification avec conviction, le Sénégal vous dit merci. Merci d’avoir compris qu’un pays ne grandit pas en muselant ses citoyens. Merci d’avoir compris que la stabilité politique ne se décrète pas par la répression, elle se construit par la justice et l’équité.

Cette réforme rappelle une vérité fondamentale, trop souvent oubliée par ceux qui exercent le pouvoir : une bonne loi peut créer la paix sociale, une mauvaise loi peut allumer des guerres.

Que cette modification soit le début d’une ère nouvelle, où les règles du jeu démocratique sont les mêmes pour tous, où aucun régime ne pourra plus jamais utiliser le droit comme une massue contre son propre peuple.

Le Sénégal a trop souffert de ses propres lois. Il est temps qu’il guérisse grâce à elles.
Amadou GUEYE
Juriste _ analyste politique

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3 commentaires

  1. Un pays de mechants et de mauvaise personnes, des gens qui sont sans principes. On change une loi qui peut empecher tout Senegalais de participer a des elections a cause de futilites et il indexe une personne. Meme si Sonko est ineligible pour 5 ans a cause d’une condamnation en 2023, en 2029 cette condamnation aura 6 ans et il sera completement eligible. Si une majorite ne peut peut voter des lois, alors il faut plus elire des deputes. Daniou yappe sakh deputes de dire il faut se concerter avant de faire la loi. Drs deputes elu, doivent se concerter avec des gens qui ne represente rien avant de faire leurs travail a savoir passer des lois. Un pays de fous a la fin.

  2. Où va le Sénégal ? C’est présentement que de pseudos intellectuels essaiment les plateformes et réseaux pour s’ériger soit en donneurs de leçons soit à de pseudos analyses qui passent bien au large de leurs sujets. De soi-disant intellectuels de la dernière heure qui ont fait leur irruption dans l’arène politique avec l’avènement à la tête de notre pays d’apprentis sans aucun parcours ni vécu politique, sans aucune histoire ni faits d’armes à offrir à une jeunesse qui ne comprend jusque pourquoi elle a porté son choix du 24 Mars 2024 sur une équipe n’a réussi qu’à mettre le Sénégal à genoux depuis son accession au pouvoir.

  3. Au Sénégal avec cette modification si bien entendu la cour suprême donne son aval, quiconque pourra candidater à la fonction de président de la République. Les truands, les voleurs, les diffamateurs, les tueurs, les violeurs et j’en passe. Voilà le pays que ces gens se proposent de nous bâtir. Quelle dégringolade !

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