La relance en urgence de la réforme des articles L9 et L30 du Code électoral ravive les tensions entre majorité et opposition. Mouhamet Diouf, docteur en droit privé, dénonce une démarche contestée du parti Pastef, estimant que la concertation annoncée viserait à entériner des décisions déjà arrêtées.
La majorité parlementaire a remis sur la table la modification des articles L9 et L30 du Code électoral, enclenchant un examen accéléré au Parlement ce mardi. Une initiative qui intervient alors même que le ministère de l’Intérieur prévoit une concertation avec les partis politiques le 30 avril, censée porter sur ces mêmes ajustements.
Invité de l’émission « Remue-ménage », le juriste Mouhamet Diouf fustige une inversion du calendrier.
« Il est incohérent de modifier d’abord le Code électoral avant de discuter avec les acteurs politiques », a-t-il déclaré.
Selon lui, une réforme de cette nature devrait reposer sur un consensus préalable, construit en amont avec l’ensemble des parties prenantes.
Au-delà de la méthode, Mouhamet Diouf met en cause l’intention politique de la majorité. Il évoque une « supercherie », estimant que la concertation annoncée viserait à entériner des décisions déjà arrêtées.
« On cherche à créer un cadre de dialogue a posteriori pour justifier des choix déjà faits », a-t-il soutenu, appelant les partis à boycotter la rencontre du 30 avril.