À l’occasion de la cérémonie solennelle de remise des distinctions du Concours général sénégalais 2026, le professeur Papa Fary Seye, égyptologue, écrivain et enseignant d’histoire-géographie à Diourbel, a livré un discours d’usage placé sous le signe de l’excellence, des valeurs citoyennes et de la responsabilité collective. « Réussir pour servir », le message fort de Papa Fary Seye aux lauréats.
S’exprimant devant le chef de l’État, les autorités éducatives, les enseignants et les lauréats, le professeur Seye a souligne que l’année 2026 restera une année « de convergence historique » pour le Sénégal, avec trois grands rendez-vous : les 65 ans du Concours général, l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, premiers JOJ sur le sol africain, et la refondation du système éducatif portée par l’Agenda de transformation Sénégal 2050.
Refonder le sens du bien commun
Autour du thème : « Le Sénégal à l’heure des JOJ 2026 : refonder le sens du bien commun à l’école des valeurs olympiques », le professeur a développé une réflexion sur les défis auxquels fait face la société sénégalaise.
A l’en croire, « refonder » signifie revenir aux fondements essentiels d’une société lorsque ceux-ci deviennent fragiles. Il a notamment évoqué « les inégalités qui se creusent, l’intolérance, les dérives des réseaux sociaux, les incivilités et les logiques de réussite individuelle au détriment du collectif ».
Pour le professeur Fary Seye, le bien commun représente « ce qui nous unit au-delà de nos différences, ce qui appartient à tous et dont chacun est responsable ».
Les valeurs olympiques comme école de citoyenneté
L’enseignant a insisté sur les trois grandes valeurs de l’olympisme : l’excellence, le respect et l’amitié.
L’excellence, a-t-il expliqué, ne consiste pas à être supérieur aux autres, mais à devenir « la meilleure version de soi-même ». Une valeur qui trouve, selon lui, tout son sens dans le Concours général.
S’adressant aux lauréats, il a rappelé que leur réussite est le fruit « du travail, de la discipline et de la persévérance ». Il a cité le jeune Ameth Babou, meilleur élève du Concours général 2026, qui affirme vouloir « donner le meilleur de lui-même pour pouvoir servir le Sénégal ».
Le respect, deuxième pilier olympique, constitue selon lui « le fondement de toute vie en société », à travers le respect des lois, des institutions et de la dignité humaine.
Quant à l’amitié, elle doit permettre de construire « une culture de la rencontre et de la fraternité », dans un monde marqué par les divisions.
L’école, « rempart de civilisation »
Papa Fary Seye a placé l’école au cœur de la transmission des valeurs. Pour lui, l’établissement scolaire ne doit pas seulement transmettre des connaissances, mais former des citoyens capables « de vivre ensemble, d’exercer leurs droits avec responsabilité et de participer activement à la vie de la cité ».
Il a également mis en avant le rôle du sport scolaire dans l’apprentissage de la coopération, du respect des règles et de l’esprit d’équipe.
Le professeur a salué la nouvelle orientation du ministère de l’Éducation nationale visant à transformer le système éducatif en une « société éducative », notamment à travers l’initiative ADIT (Apprentissage des valeurs, développement intégral et transformation humaniste de l’éducation).
Hommage aux familles et aux enseignants
Aux familles des lauréats, il a rendu hommage pour « leur affection, leur protection et leurs sacrifices ». Aux enseignants, il a adressé une reconnaissance particulière, les qualifiant « d’infatigables soldats du savoir ».
« Derrière chaque récompense reçue aujourd’hui, il y a un enseignant encadreur qui a cru en un élève et l’a aidé à aller plus loin », a-t-il souligné.
Un message aux jeunes : réussir pour servir
Pour ne pas conclure, le professeur Fary Sow a invité la jeunesse sénégalaise à conjuguer talent et responsabilité.
« Le plus précieux héritage des JOJ Dakar 2026 sera celui qu’on ne pourra ni photographier ni comptabiliser : celui des consciences transformées, des comportements renouvelés et des valeurs durablement enracinées », a-t-il déclaré.
Pour lui, l’objectif ultime reste de bâtir « un Sénégal souverain, juste et prospère », où l’excellence ne serait pas une fin en soi, mais un moyen de servir la communauté nationale.
