L’ancien vice-président de la Commission européenne, Joaquín Almunia, a dressé un constat alarmant sur l’état des relations entre l’Europe et les États-Unis lors d’une interview accordée à des médias espagnols. Pour ce responsable politique, Washington a abandonné son statut d’allié historique pour adopter une position d’adversaire hostile sous l’influence de l’actuelle administration américaine.
S’exprimant sur les ondes de la radio Cadena Ser, Joaquín Almunia a précisé que ce changement radical de posture ne devait pas être imputé au peuple américain dans son ensemble, mais spécifiquement au président Donald Trump. D’après les informations relayées par l’agence Anadolu, l’ancien commissaire estime que cette hostilité représente un danger majeur pour les démocraties libérales à travers le monde. Il souligne que le dirigeant américain perçoit désormais l’Union européenne comme un rival principal, tout en affichant une proximité inquiétante avec le président russe Vladimir Poutine.
L’analyse de M. Almunia pointe également du doigt le soutien explicite des documents stratégiques de sécurité américains envers les partis populistes d’extrême droite, qualifiés de « partis patriotiques » par Washington. Il a salué la réaction du Premier ministre portugais Antonio Costa, qui a critiqué la vision américaine alléguant une « érosion civilisationnelle » de l’Europe due à l’immigration. Cependant, l’ancien responsable européen s’est dit préoccupé par le silence d’autres figures dirigeantes, notamment la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, face à ces ingérences.
Au-delà des relations transatlantiques, Joaquín Almunia a également critiqué la réponse de l’Union européenne concernant la situation à Gaza. Il a déploré un manque de cohérence et d’urgence dans la réaction européenne face à ce qu’il qualifie de violations fondamentales des droits humains, appelant les institutions à ne pas détourner le regard ni chercher des excuses.


