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Réforme urgente du Code des douanes et libération de Khadim Ba : le cri d’alarme des jeunes entrepreneurs

Le malaise grandit au sein du secteur privé sénégalais. Le Cadre de réflexion des jeunes entrepreneurs a publié un communiqué virulent pour dénoncer ce qu’il qualifie de dégradation continue de l’environnement des affaires. L’organisation tire la sonnette d’alarme sur une pression fiscale et douanière jugée asphyxiante pour le tissu économique local, et exige deux mesures phares : la libération de l’entrepreneur Khadim Ba et une refonte profonde du Code des douanes.

L’affaire Khadim Ba, symbole de l’insécurité juridique

Pour le collectif, le cas de Khadim Ba illustre parfaitement les tensions entre le secteur privé et l’État. « Un simple litige avec l’administration douanière lui vaut aujourd’hui une détention dont l’issue semble désormais conditionnée à un règlement à l’amiable avec les services des douanes », dénonce le communiqué relayé par EMedia. L’organisation estime que cette affaire dépasse le cas individuel et « soulève de sérieuses interrogations sur la sécurité juridique des investisseurs ». Elle rappelle que le maintien en détention de Khadim Ba menace directement les centaines de travailleurs qui dépendent de ses activités.

Une réforme du Code des douanes jugée urgente

Au-delà de ce cas, le Cadre de réflexion appelle à s’attaquer à la racine du problème en modifiant la législation douanière. « Cette réforme doit impérativement soumettre toute enquête ou poursuite douanière au contrôle effectif d’une autorité judiciaire indépendante », insiste le texte. L’objectif est de protéger les entreprises contre les appréciations arbitraires des contrôleurs administratifs. Le collectif dénonce également un paradoxe : alors que les autorités se réclament du souverainisme économique, les entreprises étrangères bénéficieraient de davantage de protection que les entreprises nationales, ce qui « nourrit un profond sentiment d’injustice ». Ce constat rejoint le diagnostic sévère posé par l’ingénieur Boubacar Khouma, pour qui le toilettage des codes ne modifiera pas le quotidien des PME, principales pourvoyeuses d’emplois. Selon lui, les réformes profitent surtout aux investisseurs étrangers, tandis que les entrepreneurs locaux restent confrontés aux mêmes blocages administratifs.

Le communiqué se conclut par un appel à la mobilisation générale de toutes les composantes du secteur privé, des importateurs aux marchands ambulants, pour exiger des autorités la sauvegarde de leurs intérêts. L’organisation prévient que sans un sursaut immédiat, « notre économie continuera de s’enfoncer dans une spirale de difficultés dont les conséquences seront lourdes pour les entreprises, les travailleurs et les familles ».

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