Rapport Forvis Mazars : derrière le risque systémique, un paradoxal espoir institutionnel

Le rapport du cabinet Forvis Mazars jette une lumière crue sur l’endettement du secteur parapublic sénégalais. Il révèle que la dette consolidée a dépassé 128,6 % du PIB, un niveau qui traduit des années de gouvernance défaillante entre 2012 et 2024.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Groupe Petrosen concentre 660,2 milliards de francs CFA de dette, principalement extérieure. La Sogepa affiche 299 milliards de dette domestique, tandis que Senelec, malgré une baisse, reste à 227,6 milliards. L’AIBD (188,7 milliards) et le FERA (170,9 milliards) complètent ce tableau inquiétant.

Ces montants ne sont pas le fruit du hasard. Le rapport, dévoilé par Lactuacho, pointe une accumulation de dérives : absence de discipline financière, contrôles internes défaillants, multiplication d’entités redondantes. Des filialisations successives de Petrosen aux chevauchements entre Senelec, ANER et ASER, le paysage institutionnel s’est fragmenté, diluant les responsabilités.

Les commissaires aux comptes, censés être les vigies de la transparence, sont restés trop souvent silencieux. Les auditeurs internes, marginalisés, n’ont pas pu jouer leur rôle d’alerte. Résultat : la dette est devenue un mode de gestion plutôt qu’un levier de développement.

Pourtant, le rapport Forvis Mazars ouvre une lueur d’espoir. En identifiant les failles, il appelle à une rationalisation urgente du secteur, voire à la suppression de certaines entités. Une remise en ordre qui, selon l’analyse, pourrait restaurer la crédibilité financière de l’État et libérer des ressources pour les secteurs sociaux, alors que la dégradation de la note souveraine alourdit déjà le coût du financement public et entrave l’accès du Trésor aux ressources concessionnelles.

Cette analyse est signée par l’économiste Lansana Gagny Sakho, président du Cercle des Administrateurs Publics, et publiée sur son site lansanasakho.com.

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