La rupture consommée entre le président Bassirou Diomaye Faye et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko continue de produire des secousses. Démissions, limogeages et exclusions se multiplient dans l’administration et au sein du parti Pastef, sur fond de tensions ravivées par un projet de révision constitutionnelle.
Le 22 mai dernier, Ousmane Sonko avait été limogé de son poste de chef du gouvernement, quelques heures après avoir déclaré devant les députés : « Le Président a fait une erreur ». Cette décision, selon Jeune Afrique, faisait suite à des semaines de dissensions entre la présidence et la primature. Depuis, un nouveau gouvernement dirigé par le technocrate Ahmadou Alamine Mohamed Lo a été installé le 1er juin, sans que Pastef n’intègre officiellement l’équipe.
Désormais élu à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko campe sur ses positions. Le refus de Pastef de participer au gouvernement confirme la profondeur du fossé entre les deux hommes forts du régime.
Le nouveau pouvoir s’emploie à écarter les fidèles de l’ancien Premier ministre. Des responsables proches de Sonko sont écartés de l’administration, tandis qu’au sein du parti, les voix discordantes sont exclues. Ce vaste coup de balai, qualifié de « purge » par les observateurs, vise à resserrer les rangs autour de chaque camp.
Ces tensions sont exacerbées par le projet de révision constitutionnelle en discussion. Ce texte, qui vise à rééquilibrer les pouvoirs, cristallise les oppositions entre les partisans du président et ceux de l’ancien Premier ministre. Le débat risque de paralyser davantage les institutions.
Face à l’impasse, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a appelé Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko à dépasser leurs divisions pour relever le défi de la dette héritée de l’ère Macky Sall.
