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Prisons, enfants de la rue et déficients mentaux errants: Par Serigne Abdou Samad MBACKE Sonhibou

“Surpeuplement dans les prisons, enfants de la rue et déficients mentaux errants Analyse et solutions”. C’est la contribution soumise par Serigne Abdou Samad MBACKE Sonhibou. Qui, en sa qualité de Citoyen et Homme Religieux, considère l’’ETRE HUMAIN comme étant un sacerdoce dans son existence. Cette haute considération de l’ETRE HUMAIN l’a amené à soumettre à l’attention des ETRES HUMAINS des solutions à trois (3) problèmes majeurs qui gangrènent la société sénégalaise en particulier et celle africaine en général. :

  • L’encombrement et le surpeuplement dans les prisons,
  • La problématique des talibés ou « ndongo-daara »
  • Les déficients mentaux

L’encombrement des prisons

Le premier problème concerne le surpeuplement et l’encombrement des prisons, où des détenus s’agglutinent, s’entassent et vivent dans des conditions inhumaines, dégradantes, engendrant une déshumanisation intégrale de l’ETRE HUMAIN. Nonobstant le contexte actuel qui prévaut avec le COVID-19, un espace vital suffisant devient une nécessité. Cela relève du respect dû à chaque être humain, par rapport à lui-même, à son prochain et à son environnement. Il arrive que l’individu soit accusé à tort et emprisonné par abus de pouvoir ou absence d’assistance juridique. Ou alors il peut s’agir de cas d’erreur que l’individu commet sans être foncièrement mauvais et qui lui vaut l’emprisonnement. Ou enfin l’individu commet sciemment un forfait pour lequel il doit être arrêté et corrigé. Voilà 03 catégories de détenus qui ne devraient pas être traités de la même façon, dans les mêmes conditions.

Mais, tous les 03 méritent les mêmes droits qui leur sont reconnus en premier lieu par le SEIGNEUR, les droits humains à la vie et à un environnement saint. Il s’agit du minimum vital nécessaire à leur survie, à leurs besoins vitaux. Cela n’empêche pas qu’on les prive de la liberté d’aller et venir, devoir leurs proches…Cela devrait suffire ; mais tous leurs besoins nécessaires à une vie décente doivent leur être garantis.

Ces enfants Talibé ou Ndongo

Le deuxième point est relatif aux enfants communément appelés « Talibé » ou « ndongo » qui errent dans les rues. Je ne les appellerai d’ailleurs pas « ndongo-daara » ; ils n’en ont que l’apparence. Mais il arrive que des « ndongo » fuguent de leur daara et viennent rejoindre ces enfants de la rue, et se voir intégrés dans leur communauté.

Par ailleurs, des personnes provenant de pays voisins au nôtre viennent s’installer dans notre pays avec leurs enfants ; mais, ils ne leur apprennent pas la moindre lettre. Chaque matin, ils obligent les enfants à déambuler avec des pots, à la recherche de sommes à verser obligatoirement. Et, quand les petits n’arrivent pas à réunir la somme exigée, ils n’hésitent pas à voler, ou à s’adonner à des pratiques qui les assimilent à des bandits ; alors que, en réalité, ils ne sont que des victimes. Ces enfants de la rue peuvent pervertir un authentique « ndongo » qui a déserté son daara et qu’ils entraînent dans leurs pratiques.

Ces malades mentaux victimes de troubles

Le troisième problème concerne les malades mentaux victimes de troubles pour des motifs de négligence d’éléments sacrés, ou pour usage de substances nocives. Tous ces individus sont en divagation dans les rues. Certains sont atteints de troubles qui les rendent dangereux pour les uns, pour d’autres, non. C’est à l’Etat qu’incombe la prise en charge de tous ces individus. Serigne Abdou Samad MBACKE Sonhibou propose de donner des pistes qui pourraient permettre à l’Etat une prise en charge correctede tous les cas. Notons d’abord que l’Etat a la possibilité de solliciter l’aide de pays musulmans disposant de moyens d’assister des personnes, simples êtres humains dans les catégories suivantes : enfant, garçon ou fille, déficient mental, détenu de droit commun.

Pour les détenus, certains sont pleins de vigueur et leur temps de détention devrait être mise à profit pour travailler. Si l’on disposait d’un périmètre de 5000 à 3000 hectares dans un endroit centré, entre le Saloum, le Cayor, et le Nord sans hautes températures, avec des sols favorables à toutes les cultures. Ces terres seraient viabilisées et dotées d’adduction en eau potable.

Les enfants de la rue et les « ndongo » fugueurs récalcitrants pourraient être logés dans un endroit à part, avec des champs où ils s’adonneraient à des travaux adaptés à leurs forces. Ils pourraient ainsi s’adonner à des activités physiques tout en étudiant des programmes dont le Coran en premier lieu, les langues locales et étrangères, dans des établissements appropriés. Ils pourraient également bénéficier de formation professionnelle dans les domaines de leurs activités, à la mesure de leurs capacités physiques. Cela permettrait à l’enfant qui passait son temps à vagabonder, d’étudier et d’être capable d’enseigner à sa sortie, de travailler et d’être capable, à terme, de former d’autres personnes et de créer sa propre entreprise. Et tout cela pourrait se faire en 05 années.

Mettre en place un système de construction de daara

Je pense également de même pour ceux qui souffrent de maladie mentale et qui disposent d’une force de travail ; à condition que l’on mette à leur disposition des personnels soignants spécialisés pour les accompagner dans les mêmes conditions que dans les établissements similaires de Fann et Dalal xel. Si l’on arrive à les soigner, à désintoxiquer les drogués, même s’il le faut avec le concours de la médecine traditionnelle dans ce domaine, le malade guéri pourrait rester pour travailler ou même allier le travail et les soins. Pour ce qui concerne les détenus coupables de méfaits ou non, ils pourraient être placés dans les mêmes conditions de travail.

Ces activités professionnelles pourraient les délivrer d’influences négatives ; et, dans les gains réalisés, une partie reviendrait à l’intéressé, dans un compte ouvert dans un établissement bancaire ; une partie pourrait être envoyée à ses parents et une troisième partie versée dans le Trésor public.

Ces différentes ressources générées par le travail de ces enfants, ces déficients mentaux et ces délinquants détenus pourraient servir à acquérir des produits alimentaires, riz, légumes, bétails locaux et importés, produits d’élevage à commercialiser, qui pourraient satisfaire les besoins de toutes les écoles coraniques du pays. Ces ressources pourraient aussi prendre en charge la construction d’écoles coraniques, sans avoir besoin de tendre la main.

On pourrait ainsi mettre en place un système de construction de daara entièrement équipés pour toutes les régions, avec des mutuelles d’épargne-crédit qui pourraient permettre à chacun de se prendre en charge, sans avoir besoin de tendre la main. Les habitations, comme les conditions de vie seraient correctes, sans aucun besoin d’assistance ; tout cela, avec le fruit de ces exploitations agricoles. Ce système une fois mis en œuvre, susciterait le développement économique du pays, éradiquerait l’errance dans les rues, diminuerait de façon drastique les établissements pénitentiaires.

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