Première visite officielle à Touba : Me Mouhamadou Bamba Cissé honoré par le Khalife des Mourides

Dans une atmosphère empreinte de solennité et de ferveur spirituelle, le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a remis un exemplaire du Saint Coran à Me Mouhamadou Bamba Cissé, nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

La rencontre s’est tenue dans le salon majestueux de la résidence de Darou Tanzil, où le guide religieux, vêtu d’un boubou blanc immaculé, symbole de pureté et de lumière, a reçu son hôte avec bienveillance. Assis dans une posture empreinte de sérénité, le Khalife incarnait la sagesse et l’autorité spirituelle propres à la tradition mouride.

Face à lui, Me Mouhamadou Bamba Cissé, en boubou noir élégant, s’est agenouillé avec respect. Son attitude humble et son sourire discret témoignaient de la profondeur du moment et de la gratitude envers le guide. Ce geste du Khalife, hautement symbolique, marque une bénédiction et une exhortation à la droiture dans la mission régalienne du nouveau ministre.

Pour rappel, il s’agissait de la première visite officielle de Me Bamba Cissé à Touba depuis sa nomination à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

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2 commentaires

  1. Les Franc-Mara : quand la République s’incline devant
    le marabout
    L’allégeance personnelle devenue soumission publique
    Par Icare
    Le Sénégal entre dans une nouvelle ère politique, mais les vieux réflexes demeurent. Les
    “Franc-Mara”, comme je les appelle, ce sont ces politiciens sénégalais qui, sous couvert de
    pouvoir républicain, se prosternent devant les marabouts. La véritable responsabilité du
    déclin national réside dans cette connivence entre le politique et le religieux, où chacun
    trouve son intérêt au détriment du peuple.
    Quel spectacle affligeant et triste que celui offert par le tout nouveau ministre de l’Intérieur
    lors de sa visite à Touba. Continuité oblige, tradition maintenue : il semblait nécessaire, une
    fois encore, de prouver son allégeance à une confrérie religieuse, sous les yeux d’un peuple
    fatigué mais complaisant.
    Ce rituel ne surprend plus personne. Mais on aurait pu espérer, de ceux qui ont bâti leur
    légitimité sur la promesse d’une rupture, qu’ils osent enfin s’affranchir de ces symboles d’un
    autre âge. Hélas, une promesse n’engage que celui qui y croit.
    Je m’interroge : que signifie cette mise en scène répétée, où la République elle-même est
    traînée dans la cour des guides religieux pour y plier le genou ? Ce n’est plus l’homme privé
    qui visite son marabout par foi personnelle ; c’est l’État tout entier qui vient faire acte de
    dévotion publique, confondant allégeance personnelle et soumission publique.
    « Ils parlent de foi, mais agissent en marchands. »
    Les politiciens de ce pays pactisent avec les religieux pour conserver leur influence. Et les
    religieux, en retour, pactisent avec les politiciens pour maintenir leur mainmise sur les
    consciences. C’est cette connivence malsaine que je nomme les Franc-Mara — ces
    politiciens sénégalais qui ont troqué la souveraineté de la République contre la bénédiction
    des marabouts. Ils ne servent plus l’État, ils le prosternent.
    La responsabilité de la situation du Sénégal n’incombe pas à un seul camp : elle est
    partagée. Ce sont ces deux pouvoirs — le politique et le religieux — qui, main dans la main,
    ont bâti un système fondé sur la manipulation, la dépendance et la peur. Les uns exploitent
    la foi pour asseoir leur pouvoir, les autres instrumentalisent le pouvoir pour renforcer leur
    autorité spirituelle.
    Ils exploitent l’ignorance, entretiennent la peur, vendent des promesses de paradis à ceux
    qu’ils maintiennent dans la misère. Pendant ce temps, ils concentrent les richesses,
    distribuent les faveurs et s’enrichissent sur le dos d’un peuple mystifié.
    On nous dira que le guide s’occupe du spirituel. Fort bien. Mais alors, que vient-il faire dans
    les calculs politiciens ? Pourquoi bénir des campagnes électorales, accueillir des cortèges
    ministériels ou influencer les choix d’un peuple au nom de Dieu ? Cette alliance contre
    nature entre pouvoir politique et autorité religieuse est le vrai mal du pays — une alliance
    des contraires qui maintient le Sénégal dans un état d’infantilisation permanente.
    Les Franc-Mara, nouveaux disciples d’un culte du pouvoir, ont trahi la nation. Ils servent le
    démon de l’ambition et de l’hypocrisie. Ils parlent de foi, mais agissent en marchands. Ils
    disent servir le peuple, mais s’en servent.
    Quel gâchis ! Et quelle tristesse pour ce pays dont les fils, depuis des générations,
    reproduisent les mêmes pactes toxiques. Le vrai problème du Sénégal n’est ni le peuple, ni
    la pauvreté, ni même le manque de moyens — car le pays regorge aujourd’hui de
    ressources, de pétrole, de gaz et de talents. Le vrai problème, c’est cette connivence entre
    politiciens et marabouts, cette entente silencieuse qui freine toute évolution et étouffe toute
    indépendance.
    Ils ont échoué sur toute la ligne. Incapables d’amener le Sénégal plus loin, ils demeurent
    prisonniers de leurs intérêts, de leurs privilèges et de leur hypocrisie. Leur échec collectif est
    celui d’un système qui confond pouvoir et service, foi et commerce, autorité et domination.
    Le jour où nous aurons le courage de rompre avec cette alliance, le jour où nous
    comprendrons que la vraie rupture passe par la séparation du politique et du religieux, alors
    seulement le changement sera possible. En attendant, les Franc-Mara continuent leur
    messe du pouvoir, pendant que la République s’incline.

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