Pour Alphonse Mané Sambou, le budget 2027 repose sur une loi rectificative rejetée

Le rejet de la loi de finances rectificative de 2026 a conduit Alphonse Mané Sambou à demander au gouvernement de reprendre les projections du budget 2027. Le président de la commission des Finances estime que ces calculs reposent sur un texte rejeté par les députés.

Comme le rapporte PressAfrik, il a expliqué sur la TFM que les indicateurs retenus pour le projet de loi de finances initiale 2027 découlent des calculs effectués pour la loi rectificative. Alphonse Mané Sambou a ainsi demandé que le gouvernement refasse ses projections à partir de la loi de finances initiale 2026, qu’il considère comme la seule loi de finances actuellement valable.

Le rejet, intervenu le 3 novembre, s’est fait par 109 voix contre, 20 pour et 3 abstentions, après l’adoption d’une question préalable et sans débat sur le fond. Les députés de Pastef avaient contesté les prévisions de recettes et de dépenses, jugeant le budget corrigé insincère. Ils ont notamment mis en cause le déficit annoncé de 7,6 % du PIB et le manque de clarté sur la soutenabilité de la dette : la contestation porte donc aussi sur les hypothèses qui servent de base au budget 2027.

En amont du rejet, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô avait défendu les ajustements budgétaires et les 555 milliards de francs CFA de coupes. Il expliquait que les recettes avaient été revues à la baisse, les ressources attendues du Programme de redressement économique et social (PRES) n’ayant pas été encaissées à hauteur des prévisions. Il avait également mis en cause les projections préparées sous le précédent gouvernement, alors dirigé par Ousmane Sonko. Ce désaccord sur les recettes attendues et leur réalisation nourrit ainsi le débat sur les bases à retenir pour recalculer le budget.

Le président de la commission a précisé que sa demande ne constitue pas une obligation. Il la présente comme une démarche destinée à accompagner le gouvernement. Celui-ci pourrait aussi déposer une nouvelle loi de finances rectificative avant de reprendre la préparation du budget, afin de disposer d’autres bases de calcul et d’indicateurs.

Pour expliquer la procédure, Alphonse Mané Sambou a rappelé qu’au cours des années précédentes, une première loi rectificative servait de base à la préparation du budget initial. Une autre pouvait ensuite être présentée si les résultats différaient des prévisions. Dans le cas présent, il soutient qu’aucune loi rectificative n’a été validée et que celle qui a servi aux projections a été rejetée.

L’Assemblée nationale avait adopté la loi de finances initiale 2026 le 13 décembre 2025, puis voté une deuxième loi de finances rectificative pour 2025 le 30 décembre.

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