Le bras de fer autour du projet de loi de finances rectificative 2026 entre dans une nouvelle phase. Ce mardi matin, les députés sont réunis en séance plénière à l’Assemblée nationale pour examiner un texte qui a déjà essuyé deux rejets successifs en commission. Face à un éventuel nouveau rejet, l’Exécutif dispose d’une arme constitutionnelle. Mais le recours à l’article 86 pourrait coûter cher à la crédibilité financière du Sénégal
Face à un éventuel nouveau rejet, l’Exécutif dispose d’une arme constitutionnelle, l’article 86, alinéa 6, qui lui permet d’engager la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le texte.
Mais cette option comporte des risques politiques, économiques et financiers, notamment celui d’ébranler la confiance des partenaires du Sénégal.
En effet, si aucun compromis n’est trouvé à l’Assemblée nationale, le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité de son gouvernement sur le vote du projet de loi de finances rectificative.
Le texte est alors considéré comme adopté, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les conditions constitutionnelles dans les 24 heures.
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Si cette disposition offre une issue juridique au gouvernement, son utilisation pourrait toutefois accentuer les tensions institutionnelles. Au-delà du bras de fer politique, c’est surtout la crédibilité financière du Sénégal qui pourrait être mise à l’épreuve.
Le directeur exécutif de l’ONG 3D, Moundiaye Cissé attire l’attention sur les relations avec les partenaires techniques et financiers, particulièrement le Fonds monétaire international (FMI), dont les concours sont importants pour l’équilibre des finances publiques.
Selon lui, une instabilité institutionnelle autour de l’adoption du budget pourrait fragiliser la confiance de ces partenaires, compliquer les négociations financières et entraîner des retards dans certains décaissements.
L’enjeu est désormais double, sortir de l’impasse parlementaire tout en évitant une crise de confiance avec les partenaires financiers du pays.
Sous le regard attentif des marchés et des institutions internationales, le Gouvernement, avec le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, en première ligne, joue une séquence budgétaire particulièrement sensible.



