Le Sénégal retient son souffle. Ce mardi, tous les regards sont tournés vers l’Assemblée nationale. À l’ordre du jour, l’examen en plénière du projet de loi de finances rectificative. Mais derrière les chiffres, les milliards et les arbitrages budgétaires, c’est une véritable bataille politique qui se joue. Une bataille dont l’issue pourrait peser lourd sur l’avenir économique du pays.
Le décor est planté. Vendredi dernier, en commission, le texte a essuyé un rejet porté par la majorité Pastef. Depuis, la tension est montée d’un cran. Les lignes se durcissent, les déclarations s’enchaînent et les camps du président Bassirou Diomaye Faye et de Pastef se livrent à une confrontation qui ne dit pas encore son dernier mot.
Aujourd’hui, le risque est réel, assister à une séance électrique, marquée par des passes d’armes politiques, des accusations croisées et, peut-être, un blocage institutionnel. Mais jusqu’où les députés sont-ils prêts à aller ?
Car derrière cette confrontation, il y a une réalité que personne ne devrait perdre de vue : le sort de l’économie sénégalaise et les préoccupations quotidiennes de millions de citoyens.
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Cette loi de finances rectificative porte sur 2 505 milliards de FCFA, dont 1 590 milliards de crédits de paiement. Des montants considérables, qui donnent la mesure des enjeux.
Aminata Touré alerte sur les conséquences d’un blocage budgétaire, notamment pour l’économie et le secteur privé. De son côté, Pastef conteste les coupes envisagées dans plusieurs secteurs et réclame notamment le maintien des subventions aux carburants.
Au milieu de cette tempête politique, une question s’impose : qui paiera le prix d’un éventuel bras de fer prolongé ? Les entreprises qui attendent des décisions budgétaires ? Les secteurs sociaux qui ont besoin de financements ? Ou les Sénégalais, déjà confrontés à de multiples difficultés économiques ?
Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mouhamadou Lô, a appelé au dialogue, tout en évoquant les moyens légaux et constitutionnels à la disposition du président de la République. L’Assemblée nationale, elle, se dit disponible pour rencontrer le gouvernement et rechercher un compromis.
Un signe d’ouverture ? Une dernière porte de sortie avant l’affrontement ? Ou simplement une accalmie avant la tempête ?
C’est toute la question de ce mardi.
Un compromis reste possible. Mais le temps presse, et la méfiance semble profonde. Si le dialogue échoue, le pays pourrait entrer dans une nouvelle séquence de tensions politiques, avec des conséquences difficiles à mesurer.
Une démocratie ne se mesure pas seulement à la force des désaccords, mais aussi à la capacité de ses acteurs à les surmonter. Et dans cette crise, il ne devrait y avoir ni vainqueur politique ni vaincu institutionnel. Il devrait y avoir un seul impératif, l’intérêt supérieur du Sénégal.
Le Sénégal retient son souffle. À l’Assemblée nationale, l’heure de vérité a sonné. Le dialogue peut encore éviter l’explosion. Mais si chacun campe sur ses positions, qui pourra empêcher que la crise politique ne se transforme en crise institutionnelle ?



