Piraterie somalienne : des méthodes plus mobiles dans le golfe d’Aden

La piraterie somalienne dans le golfe d’Aden connaît un nouveau regain : six navires ont été détournés depuis la mi-avril et plus de 90 marins ont été pris en otage. Le phénomène reste inférieur à son niveau des années 2010, mais les groupes armés ont adapté leurs opérations et étendent leur rayon d’action.

Les assaillants se déplacent désormais avec davantage de mobilité et interviennent plus loin des côtes somaliennes. Le boutre émirati Fahad-4, chargé de citrons, a ainsi été détourné fin avril par 11 pirates au large de la Somalie. Utilisé comme navire-mère pour tenter d’attaquer d’autres bâtiments, il a finalement été abandonné le 4 mai. L’épisode illustre la manière dont des embarcations civiles peuvent être intégrées à des opérations plus ambitieuses.

Selon le commandant du Mica Center, les tentatives observées fin 2025 visaient surtout des bateaux de pêche et de petites embarcations côtières, susceptibles de servir de navires-mères. Depuis le début de 2026, des cargos, des porte-conteneurs et des vraquiers sont également ciblés. Le pétrolier M/T Eureka a notamment été pris d’assaut au large de la province yéménite de Shabwa, avant d’être dirigé vers la Somalie. Les garde-côtes yéménites ont déclaré travailler avec des partenaires internationaux pour récupérer le navire.

Le contexte sécuritaire explique en partie cette évolution. Dans le Puntland, au nord-est de la Somalie, la pauvreté, l’instabilité politique et la rentabilité de la piraterie entretiennent l’activité. Le déplacement de navires militaires internationaux vers le détroit d’Ormuz et la mer Rouge a aussi réduit la présence dans le golfe d’Aden, créant un espace que les pirates peuvent exploiter.

À Brest, le Mica Center surveille les incidents maritimes et alerte les bâtiments présents dans la zone. Ses équipes suivent aussi la situation avec les partenaires européens de la mission Atalante de l’Union européenne. Cette analyse a été rapportée par RFI Afrique. Au premier semestre, le Bureau maritime international a recensé 38 actes de piraterie et vols à main armée dans le monde, tandis que les pirates somaliens représentaient 94 % des marins pris en otage.

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