Pastef pose cinq conditions sur la LFR 2026 et reste ouvert au dialogue avant la plénière

Le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes ne ferme pas la porte aux échanges avec le Gouvernement, mais ne veut pas adopter la loi de finances rectificative (LFR) 2026 dans sa version actuelle. Après deux jours d’examen en Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, il a posé cinq conditions avant la séance plénière.

Les conditions de Pastef sur la LFR portent sur la protection des investissements publics, le coût de l’énergie, la transparence sur les 120 milliards de FCFA du Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP), le contrôle des fonds spéciaux et la sincérité budgétaire. Comme le rapporte Actusen, le groupe parlementaire estime que ses demandes et celles de la Commission n’ont pas reçu l’attention institutionnelle attendue.

Investissements publics et énergie

Les députés demandent de revoir les réductions de crédits touchant notamment la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique, les infrastructures et l’industrie. Ils souhaitent que les économies budgétaires concernent d’abord les dépenses qu’ils jugent non essentielles, plutôt que les projets structurants de l’Agenda national de Transformation.

Sur l’énergie, le groupe estime qu’une baisse des subventions devrait aller de pair avec une diminution de la taxation des produits pétroliers et des coûts d’approvisionnement et de production de l’électricité. Il veut éviter une hausse des prix payés par les ménages et les entreprises.

Des demandes sur le CERP et les dépenses de l’État

Pour les 120 milliards de FCFA associés au CERP, PASTEF-Les Patriotes réclame les accords conclus avec la Banque mondiale ainsi que des explications sur l’origine et l’utilisation des fonds. Le groupe demande également des précisions sur leur imputation au budget et sur les projets d’investissement concernés par des reports de crédits.

Concernant les dépenses de l’État, il appelle à accélérer la rationalisation du secteur parapublic, qui prévoit la suppression de 19 entités et des économies nettes d’au moins 55 milliards de FCFA sur trois ans. Il demande aussi de réduire les dépenses de fonctionnement non prioritaires et de renforcer la traçabilité ainsi que le contrôle des fonds spéciaux, selon des modalités adaptées à leur nature.

La sincérité du budget et la dette

Le groupe veut des justifications sur les déficits prévus pour 2026 et 2027, en tenant compte des ajustements en cours, du rebasing et de l’exécution effective des dépenses. Il demande aussi des précisions sur les engagements financiers de l’État et sur la trajectoire de soutenabilité de la dette.

PASTEF-Les Patriotes se dit disponible pour échanger avec le Gouvernement avant la plénière afin de rechercher un accord. Il affirme que le redressement des finances publiques ne doit pas se faire au détriment du pouvoir d’achat ni des investissements nécessaires au développement du pays. Le groupe réclame la communication des rapports d’audit de l’Inspection générale des finances sur la dette non financière et de Forvis Mazars.

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