Pakistan : 10 morts à Karachi, l’Asie du Sud frappée par une chaleur record

En Inde, au Pakistan et au Bangladesh, une vague de chaleur record a poussé les températures à des niveaux dangereux, avec des décès déjà signalés et une vie quotidienne perturbée pour des centaines de millions de personnes.

Les faits se sont succédé ainsi :

• En avril, plusieurs zones d’Asie du Sud ont enregistré des températures bien au-dessus des normales saisonnières, certaines approchant ou dépassant 45 à 50°C.
• En Inde, la chaleur a été décrite comme inhabituellement précoce et intense. Anjal Prakash, du Bharti Institute of Public Policy, a expliqué à Al Jazeera que des systèmes de haute pression piègent l’air chaud près du sol, empêchent son refroidissement et bloquent la formation des nuages.
• Il a aussi évoqué la faiblesse des pluies de pré-mousson et la persistance de conditions proches d’El Nino, qui limitent encore le refroidissement.

• Le mois dernier, l’Organisation météorologique mondiale a averti qu’un épisode El Nino pourrait se former entre mai et juillet, après une période de conditions neutres en début d’année.
• L’institution a toutefois précisé qu’il n’existe pas de preuve montrant que le changement climatique augmente la fréquence ou l’intensité des épisodes El Nino, même s’il peut en aggraver les effets.
• Plus largement, des scientifiques et agences météorologiques estiment que l’intensité, la durée et l’étendue géographique des récentes chaleurs sont sans précédent dans la région.

• En Inde, le département météorologique a annoncé des températures supérieures à la moyenne sur une grande partie du pays ce mois-ci, avec des épisodes sévères attendus dans l’ouest et sur les côtes.
• Son directeur, Mrutyunjay Mohapatra, a indiqué que certains secteurs pourraient connaître des températures de 3 à 5°C au-dessus de la normale, et que les épisodes de chaleur sur la côte est et au Gujarat pourraient durer quatre à cinq jours de plus en mai.
• Dans le nord-ouest et le centre du pays, le thermomètre a dépassé 46°C par endroits. À Akola et Amravati, dans le Maharashtra, 46,9°C et 46,8°C ont été relevés le 26 avril.
• Durant la dernière semaine d’avril, deux enseignants sont morts d’un coup de chaleur, tandis que quatre autres décès liés à la chaleur ont été signalés au Bengale-Occidental par des médias indiens.

• Au Pakistan, le département météorologique a averti samedi que la vague de chaleur se poursuivrait dans le centre et le nord de la province du Sindh, appelant la population à éviter l’exposition directe au soleil pendant la journée et à rester hydratée.
• À Karachi, la température a atteint 44°C lundi, son niveau le plus élevé depuis 2018, puis au moins 10 personnes sont mortes mardi de complications liées à la chaleur, d’après les services locaux de secours.
• Plus tard dans la semaine, Jacobabad et Sukkur devaient atteindre jusqu’à 46°C.

• Au Bangladesh, Dhaka ainsi que Faridpur, Rajshahi et Pabna ont été particulièrement touchées entre la mi-avril et la fin avril, avec des températures de 37 à 38°C.
• En 2024, les autorités ont recensé 24 jours de vague de chaleur en avril, un record en 75 ans, dépassant les 23 jours enregistrés en 2019, avec plus de 40°C dans certains districts.

• Des experts interrogés estiment que les effets de cette chaleur sont très inégaux. Kartikeya Bhatotia, chercheur au Mittal South Asia Institute de Harvard, a détaillé des risques allant du stress thermique aux atteintes cardiovasculaires, rénales, au manque de sommeil et à l’aggravation de maladies chroniques.
• Il a ajouté qu’environ 380 millions d’Indiens, soit près des trois quarts de la main-d’œuvre, travaillent dans des conditions exposées à la chaleur.
• Il a aussi jugé que les plans indiens de réponse à la chaleur sauvent des vies, mais protègent moins les travailleurs informels et les journaliers.
• Au Pakistan, l’expert climatique Fahad Saeed a demandé que les autorités publient des chiffres corrects et collectent les données réelles, estimant que cette reconnaissance est essentielle pour la sensibilisation publique, l’accès aux financements climatiques internationaux et la mise en place de réponses efficaces.

• À plus long terme, les modèles climatiques cités dans l’article prévoient une hausse de la fréquence et de l’intensité des chaleurs extrêmes en Asie du Sud dans les prochaines décennies.
• Les chercheurs cités soulignent aussi que de meilleures mesures d’adaptation, des alertes précoces et des réponses préparées à l’avance peuvent réduire les dégâts même si les températures continuent d’augmenter. Ces éléments ont été rapportés par Al Jazeera.

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