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Ousmane Sonko : « Nous n’avons pas le droit de livrer à la vindicte des familles entières » après les arrestations liées à l’homosexualité

Faut-il craindre une « chasse aux homosexuels » au Sénégal ? C’est la question qui agite les organisations de défense des droits humains et plusieurs médias occidentaux depuis les récentes arrestations de personnes soupçonnées d’homosexualité. Interrogé par RFI et France 24, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la réalité.

Selon lui, les poursuites ne sont pas le fruit d’une politique ciblée de son camp. « Il n’y a pas de chasse aux homosexuels. Il y a une loi sénégalaise qui date de plus de 30 ans », a-t-il affirmé, rappelant que les dispositions réprimant les actes contre nature existent depuis l’époque de Léopold Sédar Senghor. Le leader de Pastef a également dénoncé une « lecture partielle » du dossier par une partie de la presse occidentale, évoquant des accusations de transmission volontaire du VIH souvent passées sous silence. C’est ce qu’a rapporté exclusif, qui a pu consulter les documents judiciaires.

Une mise en garde contre les dérives

Ousmane Sonko a surtout insisté sur les conséquences sociales des campagnes de dénonciation. « J’ai été le premier ici à dénoncer, et ça m’a valu même des critiques acerbes des partisans de cette loi, le fait que nous n’avons pas le droit de livrer à la vindicte des familles entières », a-t-il déclaré. Il a décrit des enfants qui ont du mal à aller à l’école et des épouses « cassées » par la stigmatisation. Un appel à ne pas substituer la vindicte publique à la justice.

Interrogé sur l’avenir de la législation, le président de l’Assemblée nationale a été catégorique : « Cette loi, s’il y a nécessité de la renforcer, on la renforcera, mais on n’y reviendra absolument pas. » Une position qui fait écho à l’annonce faite le 24 février 2026 à l’Assemblée nationale, où il avait dévoilé un projet de loi renforçant l’article 319 du Code pénal, prévoyant une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 100 000 à 1 500 000 francs CFA.

Ousmane Sonko a par ailleurs réaffirmé la souveraineté législative du Sénégal, estimant que le pays n’a pas à se justifier devant l’Occident ou quiconque. « Les valeurs religieuses, culturelles et sociales de la société sénégalaise doivent être respectées », a-t-il insisté, tout en rappelant son attachement à l’État de droit et à l’indépendance de la justice.

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