Interpellé par l’opposition, Ousmane Sonko dévoile le sujet du premier projet de loi qu’il portera lui-même

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est présenté mardi devant l’Assemblée nationale dans le cadre d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité. Interpellé par l’opposition sur les engagements de son parti, le chef du gouvernement a saisi l’occasion pour faire une annonce législative de premier plan.

Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, Ousmane Sonko a déclaré qu’il portera un projet de loi sur l’homosexualité. Le Premier ministre a précisé avoir déjà formellement saisi le président de l’institution parlementaire à cet effet. « C’est le premier projet de loi que je porte moi-même », a-t-il affirmé depuis le pupitre de l’hémicycle.

Cette initiative gouvernementale intervient en réponse directe à une interpellation du député de l’opposition Abdou Mbow. Lors des échanges, le parlementaire avait interpellé le chef du gouvernement en lui rappelant la promesse formulée par le Pastef concernant la criminalisation de l’homosexualité.

Lors de cette même intervention, Ousmane Sonko a également abordé le traitement médiatique et administratif d’un dossier judiciaire récent. Notre rédaction note qu’il s’est fermement insurgé contre la divulgation du secret médical touchant des personnes poursuivies dans une affaire liée à l’homosexualité et à la transmission du VIH.

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Un commentaire

  1. *Tribune: Quand l’État s’égare, la société piétine
    Il y a des moments où l’histoire d’un pays semble se figer, non pas faute de défis, mais faute de lucidité. Alors que les urgences s’accumulent: réforme de la justice, modernisation de l’administration, refonte du code électoral, révision du code du travail, du code des mines, du code fiscal, du domaine national, du code de la famille, du code des investissements — on nous sert une loi sur l’homosexualité. Une loi qui n’était ni une priorité nationale, ni une demande sociale pressante, ni une réponse aux fractures profondes qui minent notre avenir collectif.
    Ce décalage n’est pas anodin. Il est le symptôme d’un pouvoir qui préfère déplacer le débat plutôt que d’affronter les chantiers essentiels. Une stratégie vieille comme le monde : agiter un sujet identitaire pour masquer l’absence de vision. Pendant que l’on discute de morale, les vraies réformes attendent, s’empoussièrent, s’enlisent. Pendant que l’on polarise, le pays stagne.
    *La diversion comme méthode de gouvernance
    Ce choix politique révèle une mécanique bien rodée :
    – Créer une polémique facile, qui divise rapidement et occupe l’espace médiatique.
    – Éviter les dossiers lourds, ceux qui exigent du courage, de la compétence, de la cohérence.
    – Détourner l’attention, le temps que l’orage passe, que les priorités s’effacent, que la lassitude gagne.
    Mais gouverner par diversion, c’est gouverner à courte vue. C’est confondre agitation et action. C’est sacrifier l’avenir pour survivre au présent.
    *Un pays en attente, un pouvoir en fuite
    Les citoyens attendent des institutions plus justes, une administration plus efficace, un cadre économique plus lisible, un État qui protège et qui planifie. Ils attendent qu’on s’attaque aux racines des inégalités, aux lenteurs bureaucratiques, aux failles du système judiciaire, aux blocages qui freinent l’investissement et l’innovation.
    À la place, on leur offre un débat moral importé, instrumentalisé, déconnecté.
    À la place, on leur impose une urgence qui n’en est pas une.
    À la place, on les éloigne encore un peu plus de la confiance politique.
    *L’antipode comme réflexe
    Il y a quelque chose de presque tragique dans cette incapacité chronique à être là où on nous attend. À chaque carrefour décisif, le pouvoir choisit l’antipode : là où il faudrait réformer, il moralise ; là où il faudrait construire, il stigmatise ; là où il faudrait rassembler, il divise.
    Cette course en avant n’a rien de progressiste. Elle n’a rien de conservatrice non plus. Elle n’a pas de direction. Elle n’a que la vitesse — celle de l’évitement.
    *Pour sortir de l’impasse
    Un pays ne se transforme pas par des lois symboliques, encore moins par des lois de diversion. Il se transforme par la lucidité, la cohérence, la hiérarchisation des priorités. Par la capacité à regarder en face ce qui doit être réformé, même si cela coûte politiquement. Par la volonté de bâtir plutôt que de détourner.
    Tant que nous resterons prisonniers de ces débats périphériques, tant que l’essentiel sera sacrifié au profit du spectaculaire, tant que l’on confondra gouvernance et gesticulation, *aucun progrès durable ne sera possible*.
    Il est temps de remettre le pays sur ses rails.
    Il est temps de cesser de courir dans le vide.
    Il est temps de choisir le réel plutôt que l’écran de fumée.

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