Le Conseil de sécurité des Nations unies entame ce jeudi 30 juillet un scrutin secret pour départager les sept candidats en lice pour succéder au Secrétaire général sortant, António Guterres. Ce premier « straw poll », sans valeur juridique, est destiné à jauger le soutien réel dont bénéficie chaque prétendant, rapporte EnQuête+.
Chaque membre du Conseil, réuni à huis clos, coche sur son bulletin l’une des trois mentions : « Encourage », « Discourage » ou « No opinion ». Dans les premiers tours, les votes sont anonymisés. Mais par la suite, des bulletins de couleur différencient les cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) des dix membres élus, révélant ainsi d’éventuelles menaces de veto. Un seul « Discourage » émanant d’un permanent suffit en pratique à écarter une candidature.
Parmi les candidats, l’ancien président sénégalais Macky Sall se présente comme un « bâtisseur de ponts ». Lors du débat public organisé le 23 juillet à l’Assemblée générale, il avait promis de laisser une ONU « plus confiante, plus efficace et profondément réformée », misant sur le numérique et l’intelligence artificielle. Senego soulignait en avril dernier que son discours, jugé consensuel, peinait à offrir des propositions concrètes pour le démarquer de rivaux aux profils affirmés comme Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, ou l’Ougandais Olara Otunnu, qui a introduit le mécanisme du straw poll en 1981.
Le processus devrait se poursuivre sur plusieurs tours. Pour être recommandé à l’Assemblée générale, un candidat devra réunir au moins neuf voix favorables, sans opposition d’aucun permanent. Le successeur d’António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026, prendra ses fonctions le 1er janvier 2027.
Plusieurs observateurs jugent Olara Otunnu, dernier candidat déclaré, comme le moins exposé à un veto malgré son entrée tardive en campagne le 25 juillet dernier.
