OIF : la proposition de Cioloș met en jeu le compromis de Hanoï

La proposition de Cioloș à l’OIF place désormais l’équilibre institutionnel de l’organisation au centre des débats sur l’élection de son prochain Secrétaire général. Le candidat roumain a indiqué qu’il nommerait un Administrateur africain s’il était élu.

Depuis le Sommet de Hanoï, en 1997, la gouvernance de l’Organisation internationale de la Francophonie repose sur une répartition non écrite des responsabilités. Le Secrétaire général, chargé de l’orientation politique, vient du Sud, tandis que l’Administrateur assure la gestion opérationnelle et provient du Nord.

Cette organisation est née après la décision prise à Cotonou de créer le poste de Secrétaire général, confié à Boutros Boutros-Ghali lors du Sommet de Hanoï. Elle permettait de tenir compte du poids grandissant des États du Sud, notamment africains, tout en garantissant une continuité administrative aux principaux contributeurs financiers.

Dans une analyse publiée par AfriqueMidi, cette pratique est présentée comme un compromis politique progressivement consolidé, même si elle ne figure dans aucun traité. Les organisations internationales s’appuient souvent sur de tels usages pour répartir les responsabilités et préserver des équilibres entre régions.

La Francophonie a déjà connu une inflexion en 2014 avec l’élection de Michaëlle Jean, première Secrétaire générale issue du Nord depuis la création de la fonction. La nomination d’Adama Ouane, ressortissant malien, au poste d’Administrateur avait alors été perçue comme une compensation politique.

En 2018, l’élection de Louise Mushikiwabo a été interprétée comme un retour à l’équilibre initial, avec une dirigeante africaine à la tête de l’OIF et un Administrateur venu du Nord. Après huit ans à la direction de l’organisation, elle sollicite un nouveau mandat, tandis que sa gestion a été marquée par une rationalisation administrative et une modernisation fonctionnelle.

Une éventuelle élection de Dacian Cioloș, suivie de la nomination d’un Administrateur africain, placerait donc les deux fonctions entre les mains de représentants du même espace politique et mettrait fin à la complémentarité établie depuis Hanoï. L’article souligne que cette évolution pourrait aussi relancer la question de la représentativité africaine, alors que l’Afrique rassemble la majorité des États membres de l’OIF et constitue le principal espace de développement futur du français.

Le Sommet de Hanoï avait confié la fonction de Secrétaire général à Boutros Boutros-Ghali en 1997.

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