La publication des engagements liés au futur programme du Fonds monétaire international (FMI) est devenue une exigence des Centristes Unis pour la République. Le parti dirigé par Nicole Gakou veut aussi connaître les efforts susceptibles d’être demandés aux Sénégalais, alors que le pays se trouve à un carrefour entre l’ambition de souveraineté économique portée par la Vision 2050 et les conditionnalités orthodoxes du FMI.
La formation centriste accueille favorablement l’accord au niveau des services conclu le 1er septembre 2026 entre le Sénégal et le FMI autour d’un programme de 36 mois évalué à environ 2,2 milliards de dollars. Cet accord met fin à une période où les slogans souverainistes ont souvent pris le pas sur les réalités financières. Il doit désormais permettre de rétablir la confiance des partenaires financiers et d’améliorer les conditions de financement du pays.
L’enjeu est d’autant plus lourd que la dette publique révisée atteignait 118,8 % du PIB à la fin de 2024, pour un encours évalué à 13 milliards de dollars. Le gouvernement a d’ailleurs lancé le recrutement d’un conseiller financier chargé de contribuer à la maîtrise de cette dette.
Dans un communiqué relayé par Exclusif, les Centristes saluent un discours gouvernemental qu’ils jugent plus attentif aux équilibres budgétaires, au niveau d’endettement et aux contraintes de financement. Ils refusent toutefois de considérer l’accord comme un blanc-seing donné au Gouvernement.
Le mémorandum demandé
Nicole Gakou réagit à l’accord avec le FMI en réclamant la mise à disposition du mémorandum de politiques économiques et financières, ainsi que des principaux engagements associés au programme envisagé.
Le parti demande notamment des explications sur la viabilité de la dette, la mobilisation des recettes intérieures, la maîtrise des dépenses publiques et la gouvernance budgétaire. Il souhaite également que la protection des ménages vulnérables soit précisée, dans un programme appelé à traduire concrètement l’équilibre entre souveraineté économique et discipline financière.
Les Centristes s’interrogent sur d’éventuelles mesures fiscales et douanières, ainsi que sur leurs conséquences pour les ménages et les entreprises. Ils demandent aussi des détails sur la rationalisation des subventions, particulièrement dans le secteur de l’énergie.
La formation politique pose plusieurs questions : quelles subventions seront concernées, quelle réduction est envisagée et quelles protections seront prévues pour les ménages les plus vulnérables ? Elle veut également connaître les effets possibles des réformes sur les prix de l’électricité, des carburants, des transports et des produits essentiels.
Les entreprises sont aussi au centre des préoccupations exprimées. Le parti souhaite savoir si elles devront supporter de nouvelles charges fiscales ou administratives et comment leur compétitivité sera préservée.
Un dialogue proposé
Tout en reconnaissant la nécessité de restaurer la confiance des partenaires internationaux, les Centristes estiment que celle-ci doit également être reconstruite auprès des citoyens, des entrepreneurs, des investisseurs et des acteurs économiques nationaux.
Ils proposent l’ouverture d’un dialogue réunissant les organisations patronales, les PME, les travailleurs, les collectivités territoriales, la société civile et les forces politiques représentatives. Selon eux, cette concertation doit permettre de mieux répartir les efforts et de les rendre socialement soutenables, alors que le redressement des comptes publics devra s’accommoder d’une dette déjà très élevée.
Les Centristes Unis pour la République demandent enfin au Gouvernement d’expliquer le traitement envisagé pour la dette publique et ses conséquences pour les générations futures.
