La motion de censure est limitée à une par session parlementaire, mais l’engagement de responsabilité du gouvernement ne serait soumis à aucun plafond. C’est la distinction défendue par Ndiogou Sarr, enseignant-chercheur en droit public à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Les deux procédures ne partent pas de la même initiative : les députés peuvent déposer une motion de censure, tandis que le gouvernement sollicite lui-même la confiance de l’Assemblée, notamment lors de l’examen d’un projet de loi de finances. Selon l’analyse rapportée par Sud Quotidien, aucune disposition constitutionnelle ne fixe un nombre maximal d’engagements de responsabilité du gouvernement.
Cette lecture intervient après le rejet de la loi de finances rectificative 2026, le 3 novembre : 109 députés ont voté contre, 20 pour et 3 se sont abstenus. Le rejet ne supprime pas le budget déjà adopté : les autorisations existantes demeurent dans les limites du droit, mais les nouvelles autorisations demandées ne sont pas accordées. Le Parlement a donc refusé une correction budgétaire, sans interrompre pour autant l’action de l’État. Pour Ndiogou Sarr, ce refus traduit une rupture de confiance et le président de la République devrait envisager la nomination d’un nouveau gouvernement. Au-delà du texte rejeté, l’enjeu est celui des moyens dont dispose l’exécutif pour ajuster sa politique face à une Assemblée qui les lui refuse.
Ndiogou Sarr a été interrogé par Sud Quotidien mercredi 4 novembre, selon lactuacho.
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