Ndiassane : l’enseignement khadiri s’adapte aux TIC et étend ses daaras modernes

Comment transmettre un enseignement religieux ancien dans un environnement transformé par le numérique ? À Ndiassane, la famille Kounta maintient le Coran comme référence tout en s’appuyant sur les daaras et les médias. Cet effort de transmission prolonge la mission de guides qui ont fondé leur enseignement sur le Saint Coran et la Sunna du Prophète Mouhammad (PSL), à l’image de Cheikh Sidy Yakhya Kounta, dont le rappel à Dieu, le 16 juin 1986, intervient il y a quarante ans.

Fondée en 1883 par Cheikh Bou Mouhamed Kounta, la cité a placé le savoir, le travail et la Khadriya au centre de sa doctrine. Le fondateur encourageait l’étude du Coran, de la Sunna et du soufisme, notamment en immolant un bœuf chaque mercredi, selon Cheikh Bou Diop. Cet héritage donne aujourd’hui un cadre à l’adaptation des moyens de transmission, sans changement de référence.

Cette évolution accompagne la transmission de l’enseignement khadiri à l’ère numérique. La famille Kounta mise sur les Tic pour préserver les écrits et les témoignages oraux, alors que les livres sont davantage délaissés au profit d’Internet. Il s’agit ainsi de rendre accessibles des contenus dont la conservation prolonge une tradition portée par le Coran, la Sunna et la parole des guides.

Ndiassane demeure un centre de formation pour les disciples. Serigne Ansou Thiam, Serigne Abdou Karim Dème et Diafra Dramé y ont été formés avant d’être envoyés à Keur Serigne Thiam, Ndèye, Dakar et Ndayane. Cheikh Sidy Lamine Kounta avait, lui, été envoyé à Saint-Louis. Cette circulation des responsables et des enseignements contribue à maintenir le lien entre le centre religieux et les communautés qui en dépendent.

Les mouqaddams ont également diffusé cet enseignement au Mali, en Mauritanie et au Burkina Faso. Les Kountiyou combinent l’oralité et les écrits, avec le Coran et la Sunna présentés comme les premiers textes de la Khadriya par Mouhamed Kounta, fils du 6e Khalife.

Cette implantation se poursuit avec des daaras modernes à Keur Karamoko, dans le département de Thiès, à Mbour, à Kaolack et en Gambie. Une ouverture est aussi annoncée prochainement en Guinée Conakry. Ces structures prolongent, dans des cadres adaptés aux réalités actuelles, le travail de formation et de diffusion assuré par les générations précédentes.

Serigne Abdourahmane Kounta, porte-parole du 7e Khalife Cheikh Al Bécaye Becaye, rattache cet héritage à la tarbiya, à la droiture morale, à l’éducation et au savoir. Des membres de la famille participent par ailleurs à sa conservation à travers des ouvrages, dont Mame Bou Kounta Niassane et L’histoire de Cheikh Al Bounama Kounta de Ndankh.

Le professeur Mohamed Kounta estime que lesoleil a déjà beaucoup contribué à cette préservation, mais qu’il doit encore renforcer son rôle. À l’heure où les supports changent, l’enjeu reste de faire vivre la parole et les écrits des guides, dans la continuité d’une mission bâtie sur le Coran et la Sunna.

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