Ndeye Nangho Dioum place la LFI 2027 au cœur de la crédibilité financière du Sénégal

À deux mois de la fin de l’exécution budgétaire 2026, Ndeye Nangho Dioum estime qu’un rejet de la loi de finances rectificative (LFR) pourrait fragiliser la crédibilité financière du Sénégal. La LFI 2027 et la crédibilité financière sont, selon elle, au centre des discussions à venir.

Invitée le lundi 26 octobre à la matinale d’EvenPro Médias, l’économiste de formation et inspectrice des impôts et domaines a analysé le différend entre l’exécutif et la majorité parlementaire. Dans son analyse publiée par Seneplus, elle a souligné que le rejet de la LFR enverrait un signal aux partenaires du Sénégal, notamment dans l’UEMOA. « On peut avoir des débats par rapport aux arbitrages, mais cela ne doit pas être des sources de blocage », a-t-elle déclaré.

À ses yeux, la rupture entre l’exécutif et la majorité parlementaire explique la crispation actuelle. Comme il ne reste que deux mois d’exécution budgétaire, elle juge qu’une grande partie des ajustements de la LFR serait rétroactive. Elle appelle donc à privilégier le dialogue sur la loi de finances initiale 2027, qu’elle considère comme le rendez-vous où se joue l’intérêt général.

Parmi les points contestés, elle cite une hausse de 540 milliards de francs CFA des subventions destinées à stabiliser les prix pour les Sénégalais. Elle relève aussi une baisse de 555 milliards des investissements, qu’elle estime non exécutés. Selon elle, ces ajustements concernent des opérations déjà consommées ou qui n’ont pas été réalisées et ne justifient pas un blocage.

Ndeye Nangho Dioum considère que les prévisions de recettes de la LFI 2026 manquaient de sincérité au sens juridique. Elle rappelle que plusieurs économistes avaient averti, dès octobre 2025, que ces prévisions étaient trop optimistes et les juge irréalistes. Les recettes de la DGID à fin septembre 2026 affichaient toutefois une progression de 422 milliards de francs CFA, soit plus de 20 % sur un an. Elle estime que ces résultats sont éclipsés par les difficultés liées aux dépenses, à la crise de la dette et au choc pétrolier.

Au sujet d’un éventuel accord avec le Fonds monétaire international, dont le conseil d’administration doit encore se prononcer, l’inspectrice plaide pour des relations d’égal à égal et « gagnant-gagnant ». Elle estime qu’il faut juger les conditions de l’accord selon l’intérêt du Sénégal et espère notamment des prêts concessionnels à des taux inférieurs aux 8 % pratiqués dans l’UEMOA. Le gouvernement n’ayant pas communiqué officiellement sur son contenu, elle dit rester prudemment optimiste et ne pas craindre que le Sénégal soit « sacrifié ».

Elle rappelle enfin que le cycle budgétaire habituel passe par une loi de finances initiale, une loi rectificative puis une loi de règlement. Reconduire le budget 2026 s’écarterait, selon elle, de l’orthodoxie financière et ne rassurerait ni les partenaires ni les citoyens. La plénière consacrée à la LFR est programmée mardi, après le rejet du texte en commission vendredi par Pastef.

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