Le 20 octobre 2026, à Dakar, le Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES) a dénoncé les menaces de blocage de la Loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 qu’il attribue aux députés de PASTEF. L’organisation patronale met en garde contre des conséquences pour les ménages et les entreprises.
Le CNDES estime que la non-adoption du budget rectificatif pourrait compliquer la prise en charge de certaines dépenses publiques et le soutien aux populations. Il cite la précarité des ménages, la vie chère et les urgences sociales parmi les préoccupations du moment.
La tension autour des textes budgétaires s’inscrit dans un désaccord plus large entre le gouvernement et sa majorité sur les règles de contrôle des fonds publics. Le 1er octobre, à l’Assemblée nationale, les députés de PASTEF ont rejeté les amendements du gouvernement sur les crédits spéciaux avant d’adopter l’article unique d’une proposition de loi organique. Le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, défendait notamment la suppression de cette catégorie de crédits dans la loi organique relative aux lois de finances et le rattachement des sommes aux dotations des institutions constitutionnelles concernées.
Pour les entreprises sénégalaises, déjà confrontées à une conjoncture difficile selon l’organisation, l’incertitude budgétaire pourrait affaiblir la confiance des partenaires économiques et ralentir l’investissement public. Comme l’écrit Lactuacho, le patronat redoute aussi que la paralysie des ajustements budgétaires accentue les difficultés du secteur privé, notamment dans la création d’emplois et de richesse.
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Les menaces parlementaires dépassent par ailleurs la LFR 2026 : la majorité a aussi menacé de ne pas voter les projets de LFR et de loi de finances initiale (LFI) pour 2027. Dans le même temps, le gouvernement a appelé les syndicats à l’apaisement, neuf ministres ayant présenté à la presse les efforts engagés pour répondre à leurs revendications. Ces fronts sociaux et budgétaires nourrissent les inquiétudes sur la capacité des institutions à s’accorder sur les dépenses et les priorités publiques.
Le CNDES dénonce ce qu’il qualifie de stratégie d’obstruction politique et demande aux députés de PASTEF de privilégier l’intérêt général. Il appelle à maintenir l’Assemblée nationale comme un espace de débat et de recherche de solutions, plutôt qu’à laisser les différends politiques compromettre le fonctionnement des institutions.
Le président du CNDES, Birane Yaya Wane, porte cet appel au nom de l’organisation patronale.



