Les électeurs français se sont rendus aux urnes ce dimanche pour le second tour des élections municipales, un scrutin qui a redessiné la carte politique locale. Si la gauche traditionnelle a consolidé ses bastions historiques, l’extrême droite a enregistré des percées ciblées, redéfinissant les équilibres dans plusieurs grandes agglomérations.
À Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire s’est imposé avec des estimations le plaçant entre 51 et 53 % des suffrages. Soutenu par une coalition réunissant la gauche traditionnelle, les écologistes et les communistes, il a devancé la candidate conservatrice Rachida Dati, qui a reconnu sa défaite. Cet ancien adjoint d’Anne Hidalgo prend ainsi les rênes de la capitale. La dynamique s’est confirmée à Marseille, deuxième ville du pays, où le maire socialiste sortant Benoît Payan a été réélu avec 56,3 % des voix. Selon les données relayées par Al Jazeera, cette victoire a été facilitée par le retrait stratégique d’un candidat de La France Insoumise (LFI).
De son côté, le Rassemblement national (RN) a connu des fortunes diverses. Le parti d’extrême droite a échoué à conquérir Marseille et Toulon, où la candidate de centre-droit Josée Massi l’a emporté avec 53,5 % face à Laure Lavalette. Cependant, la formation politique a sécurisé des victoires stratégiques. À Nice, cinquième ville de France, les sondages à la sortie des urnes indiquent la victoire d’Éric Ciotti, ancien conservateur traditionnel désormais allié au RN. Le parti a également conservé Perpignan et remporté plusieurs communes de moindre envergure. Jordan Bardella, président du RN, a qualifié ces résultats de percée historique pour son mouvement.
Dans le nord du pays, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe a été réélu à la mairie du Havre. Une performance qui le positionne favorablement dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027.
Concernant la mobilisation, le ministère français de l’Intérieur a fait état d’un taux de participation légèrement supérieur à 48 % à 17 heures (heure locale). Ce chiffre représente une hausse par rapport au scrutin de 2020, organisé en pleine pandémie, mais reste inférieur de quatre points à celui de l’élection de 2014.