La région du Moyen-Orient traverse une période de turbulences sans précédent, marquée par une intensification des affrontements armés. Face à cette situation volatile, le gouvernement canadien a décidé d’activer simultanément deux leviers : une offensive diplomatique et une assistance humanitaire d’urgence pour tenter de limiter les répercussions du conflit.
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a annoncé ce jeudi un déplacement imminent en Türkiye. Selon l’agence Anadolu, elle s’entretiendra dans les « prochains jours » avec son homologue turc, Hakan Fidan. Les discussions porteront spécifiquement sur la nécessité d’une désescalade face à la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Lors de son point de presse, la cheffe de la diplomatie a insisté sur l’urgence de protéger les civils, de sécuriser les infrastructures et de veiller aux besoins des ressortissants canadiens présents dans la zone.
Sur le plan humanitaire, Ottawa a officialisé un appui financier substantiel en faveur du Liban. Randeep Sarai, secrétaire d’État canadien au Développement international, a confirmé le déblocage de 37,7 millions de dollars pour répondre aux besoins urgents sur le terrain. Les fonds seront acheminés par l’intermédiaire de partenaires reconnus, parmi lesquels des agences de l’ONU, la Croix-Rouge et des ONG telles que Humanity and Inclusion Canada, Oxfam Québec ou encore International Medical Corps Canada. Le secrétaire d’État a exhorté l’ensemble des belligérants à privilégier un dialogue constructif, soulignant que la population libanaise a droit à une sécurité durable et à un avenir débarrassé de la violence.
Ces initiatives interviennent dans un contexte d’extrême tension régionale. Depuis le 28 février, la situation s’est brusquement dégradée à la suite d’une attaque conjointe menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Cette opération aurait causé la mort de plus de 1 300 personnes, incluant plus de 150 écolières ainsi que l’ayatollah Ali Khamenei, alors guide suprême iranien. En riposte, Téhéran a lancé des frappes de missiles et de drones ciblant Israël, l’Irak, la Jordanie et plusieurs pays du Golfe abritant des bases américaines, entraînant la mort d’au moins huit soldats américains et faisant 140 blessés.
Parallèlement, le front libanais s’est embrasé. Dès le 2 mars, le Hezbollah a initié des tirs contre des installations militaires israéliennes, en réaction aux frappes répétées sur le Liban et à la mort du dirigeant iranien. En retour, l’armée israélienne a déployé une vaste campagne militaire, menant des raids aériens sur le sud et l’est du Liban, ainsi que sur la banlieue sud de Beyrouth, avant de déclencher une incursion terrestre limitée dans le sud du pays à partir du 3 mars.