La cité religieuse de Médina Baye a accueilli, hier, une visite du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. À l’issue d’un entretien avec le khalife général, Cheikh Mahy Niass, Mouhamadou Makhtar Cissé a livré une déclaration devant le mausolée de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass. Il a insisté sur la nécessité de sauvegarder la cohabitation entre le spirituel et le temporel, qu’il considère comme une force du Sénégal. Les foyers religieux, a-t-il rappelé, jouent un rôle de régulateur et de pacificateur social, contribuant à la stabilité du pays. EnQuête+ a pu constater que l’entretien s’est déroulé en présence de plusieurs dignitaires de la cité.
Ce déplacement s’inscrit dans une série d’échanges avec les responsables religieux, ordonnée par le chef de l’État. Pour le président, expliquait le ministre, les chefs religieux sont des partenaires incontournables dans la gouvernance, surtout au sein d’une nation à forte tradition islamique. Le 30 juin dernier, cette tournée avait débuté par une rencontre avec l’archevêque de Dakar, Monseigneur André Guèye, marquant la volonté d’associer toutes les confessions à l’effort de paix et de dialogue. Mouhamadou Makhtar Cissé voit dans ces foyers des centres où se façonnent les consciences, une mission essentielle avant tout projet de développement socioéconomique.
À Médina Baye, le ministre a aussi demandé des prières pour un hivernage abondant et paisible, invoquant la grâce de Baye Niass. Cette espérance d’une saison des pluies réussie rappelle le lien étroit entre foi et quotidien au Sénégal. Le rôle de médiation des autorités religieuses de la ville ne se limite pas aux frontières nationales : lors du 24e Gamou Médina Baye Kabatoky, célébré en juin dernier, le guide Cheikh Baba Diallo avait salué l’implication du khalife Cheikh Mahy Niass dans le conflit soudanais, une illustration concrète du soft power spirituel prôné par la Fayda.
