Le journaliste de Seneweb, Mor Mbaye Cissé, a été interpellé et placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour diffusion de fausses nouvelles. Les faits reprochés concernent la publication d’informations jugées inexactes liées à une affaire de vol présumé impliquant le fils d’un magistrat.
Déféré devant le procureur, il a finalement obtenu une liberté provisoire. La justice a toutefois décidé de le renvoyer devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. L’audience est programmée le 29 juin 2026.
Cette affaire a rapidement dépassé le cas personnel du journaliste. La profession et plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse ont exprimé leur vive préoccupation. Le recours au délit de fausses nouvelles pour poursuivre des journalistes est régulièrement dénoncé comme un moyen de pression sur les professionnels de l’information. De nombreuses institutions internationales estiment que ce type d’incrimination peut être utilisé de manière excessive et qu’il convient de privilégier des voies civiles, comme le droit de réponse ou les rectifications.
Au Sénégal, pays longtemps cité en exemple pour son respect de la liberté de la presse, le malaise est palpable. Chaque fois qu’un journaliste est inquiété pour un contenu éditorial, l’image démocratique du pays est questionnée. Des voix s’élèvent pour réclamer une révision de la loi, afin d’éviter qu’un climat de peur et d’autocensure ne s’installe dans les rédactions.
Mor Mbaye Cissé devra répondre des accusations portées contre lui lors de son procès, fixé au 29 juin 2026, selon les informations rapportées par Kewoulo.

