À moins de cent jours du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026 en Amérique du Nord, les répercussions du conflit au Moyen-Orient s’étendent au domaine sportif. La participation de l’équipe nationale d’Iran, prévue pour disputer ses rencontres de phase de poules aux États-Unis, se heurte désormais à des obstacles logistiques et diplomatiques qui remettent en question sa présence au tournoi.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’escalade militaire récente a radicalement modifié les perspectives de la sélection iranienne. Les frappes menées par les États-Unis et Israël en Iran, qui ont coûté la vie à au moins 1 045 personnes, dont le Guide suprême Ali Khamenei, suivies de la riposte de Téhéran contre des bases abritant des forces américaines, ont instauré un climat d’incertitude totale autour de l’événement.
Du côté américain, le président Donald Trump a affiché son indifférence quant à la participation de l’équipe iranienne, déclarant que l’Iran était un pays « très durement vaincu ». Cette position politique s’accompagne d’un blocage pratique majeur : l’ensemble des matchs de l’Iran pour le premier tour est programmé sur la côte ouest des États-Unis, notamment à Los Angeles, où réside une importante communauté iranienne. Simon Chadwick, professeur spécialiste en géopolitique du sport, souligne qu’il est hautement improbable que Washington délivre les autorisations d’entrée sur son territoire aux joueurs, au personnel médical et aux officiels iraniens.
Au sein de la fédération iranienne de football (FFIRI), les perspectives s’assombrissent. Son président, Mehdi Taj, a indiqué qu’il n’était plus possible d’aborder ce Mondial « avec espoir ». Notre rédaction rappelle qu’un retrait unilatéral d’une nation pour des motifs politiques constituerait un événement rare, le dernier précédent en Coupe du Monde remontant à 1950 avec l’Argentine.
Bien que la FIFA, par la voix de son secrétaire général Mattias Grafstrom, affirme surveiller l’évolution de la situation, une délocalisation des rencontres de l’Iran vers les pays co-organisateurs, le Canada ou le Mexique, semble écartée par les experts en raison de la complexité des relations diplomatiques nord-américaines.
Au-delà de l’absence potentielle de la vingtième nation au classement mondial, les experts consultés par Al Jazeera mettent en garde contre des répercussions structurelles. Une exclusion ou un retrait de l’Iran pourrait précipiter ce que Simon Chadwick qualifie de « guerre froide sportive ». Ce scénario ouvrirait la voie à la création de compétitions mondiales parallèles, à l’image des « Jeux de la Paix » initiés par la Russie, redessinant potentiellement l’organisation internationale du football en dehors de l’égide de la FIFA.