En septembre 2020, alors que le Sénégal était une nouvelle fois confronté à de graves inondations, le PDS avait demandé un audit technique et financier de tous les projets et programmes de lutte contre les inondations mis en œuvre depuis 2012. Nous demandions également que les ministres concernés viennent s’expliquer devant la représentation nationale sur la gestion technique, financière et sécuritaire de cette politique.
À l’époque, nous dénoncions la gestion du régime de Macky Sall et nous posions une question simple : comment les moyens mobilisés pour lutter contre les inondations avaient-ils été utilisés et quels résultats avaient-ils réellement produits ?
Le Programme décennal de gestion des inondations 2012-2022 avait été évalué à environ 766,9 milliards de FCFA. Selon l’évaluation présentée en 2022, 511,1 milliards de FCFA avaient été exécutés, soit 66,64 % du programme.
Nous sommes maintenant en 2026. Les fortes pluies de ces derniers jours ont encore provoqué des inondations à Dakar et dans plusieurs localités du pays. Le Premier ministre a d’ailleurs présidé, ce 5 octobre, une réunion d’urgence consacrée à la situation et aux mesures à prendre pour venir en aide aux sinistrés.
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Alors, mon cher PDS, qu’est devenue notre exigence d’hier ?
Nous avions demandé un audit. Nous avions demandé des comptes. Nous avions demandé que l’Assemblée nationale exerce pleinement son rôle de contrôle sur l’utilisation des ressources publiques.
Aujourd’hui, les responsabilités politiques ont changé. Les alliances aussi. En 2024, le PDS et l’APR ont choisi de faire coalition pour les élections législatives. Et nous sommes maintenant en 2026, face à la persistance du problème des inondations.
Mais une chose ne devrait pas changer : notre exigence de transparence et de reddition des comptes.
Ce n’est donc pas une question de défendre Macky Sall ou d’accuser le pouvoir actuel. C’est une question de cohérence politique.
Si nous demandions hier : combien a été dépensé ? Pour quels ouvrages ? Dans quels quartiers ? Avec quels résultats ?, nous devons pouvoir poser exactement les mêmes questions aujourd’hui.
Parce que l’argent public n’a pas de couleur politique.
Et les populations qui sont encore sous les eaux aujourd’hui ne demandent pas à savoir qui était dans quel camp hier. Elles veulent savoir ce qui a été fait, ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et pourquoi, après tant d’années et tant de milliards, le problème demeure.
Mon cher PDS, notre parole d’hier nous oblige.
La cohérence politique, c’est aussi cela : avoir la même exigence de contrôle lorsque nous sommes dans l’opposition, lorsque nous sommes alliés, et lorsque nous sommes proches ou éloignés d’un pouvoir.
Les Sénégalais ont besoin de réponses. Et nous aussi.
Hawa Abdoul BA*



