Comment les enquêteurs ont-ils confronté Momo Cissé à ses déclarations sur Nourah Ba ? Le chroniqueur a reconnu avoir relayé des informations qu’il n’avait pas vérifiées, après avoir visionné et écouté l’enregistrement de ses propos. Ces déclarations visaient notamment un policier en civil que Momo Cissé présentait comme un membre de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) : il l’accusait d’avoir provoqué Nourah Ba en l’insultant, avant qu’une altercation ne mène à l’arrestation de la jeune femme et à son transfert dans les locaux de la cybersécurité.
Mamadou Cissé, dit Momo, a expliqué qu’il n’était pas présent lors de l’interpellation de Nourah Ba et qu’il ne disposait ni d’un ordre de mission ni d’une accréditation pour la couvrir. Il a dit s’être fondé sur des rumeurs rapportées par des tiers et par une femme présentée comme une cousine de Nourah, sans vérifier son identité ni sa crédibilité. Il a également déclaré ne pas avoir su que les forces de l’ordre étaient initialement intervenues pour protéger Nourah Ba d’une foule en furie.
Les détails de son audition, rapportés par senenews, indiquent qu’il n’a pas demandé de certificat médical pour étayer les violences policières alléguées ou l’intervention chirurgicale évoquée. Confronté à l’absence de documents ou d’enregistrements appuyant ses propos sur le matelas et l’interdiction d’uriner, le chroniqueur a admis ne pas avoir vérifié l’information. Il a reconnu avoir répété une phrase contestant l’autosaisine du procureur, tout en niant avoir voulu discréditer la justice ou la police. Il a présenté ses interventions comme une opinion et une analyse.
Momo Cissé a aussi affirmé ne pas connaître personnellement Nourah Ba et n’avoir reçu ni sollicitation, ni rémunération, ni mandat d’un groupe de pression ou d’une entité étrangère. Il a refusé de consentir à l’exploitation de son iPhone 12 Pro Max, disant avoir laissé l’appareil chez lui parce qu’il n’était pas chargé.
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Il a déclaré avoir été induit en erreur par des personnes venues soutenir Nourah Ba et avoir parlé sous le coup de l’émotion. Il s’est dit disposé à présenter des excuses publiques à l’antenne et à appeler ses collaborateurs à davantage de vigilance. Sa garde à vue à la DSC a duré 17 heures et s’est déroulée sans incident.
Interpellé dans ce dossier puis déféré au tribunal de Dakar, le chroniqueur a obtenu une liberté provisoire. Il reste poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles et doit comparaître mercredi devant le tribunal des flagrants délits. L’enjeu de la procédure porte ainsi sur des accusations mettant directement en cause un membre des forces de l’ordre, que Momo Cissé reconnaît avoir relayées sans les vérifier.




