Ancien instituteur devenu inspecteur de l’enseignement, Mody Niang a consacré sa retraite aux chroniques et aux essais politiques. Né en 1945 à Koki, dans la région de Louga, il est décédé le 17 octobre 2026 à l’âge de 81 ans.
Le parcours de Mody Niang commence dans l’enseignement en 1964, lorsqu’il est instituteur à Ndiaganiao. Après des études à l’Université de Dakar, où il obtient une licence, il enseigne l’histoire et la géographie. Il intègre ensuite l’École normale supérieure de Dakar.
À partir de 1981, il devient inspecteur de l’enseignement élémentaire, fonction qu’il occupe jusqu’à sa retraite en 2003. Après cette étape, il publie des chroniques et des essais consacrés notamment à la gouvernance, à la corruption, à la gestion des deniers publics et à la reddition des comptes. Dans son portrait, Rewmi revient sur cette trajectoire, qui l’a conduit de l’école aux médias et aux institutions publiques.
De l’OFNAC au conseil d’administration du Soleil
Mody Niang a également été conseiller technique et porte-parole de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Il a quitté l’institution en février 2016. Proche d’Ousmane Sonko et de Pastef, il a soutenu les nouvelles autorités après l’alternance de 2024.
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Le 7 août 2024, il a été nommé président du conseil d’administration de la Société sénégalaise de presse et de publication (SSPP), éditrice du quotidien Le Soleil. Il a pris ses fonctions en septembre. En mars 2025, il a annoncé sa démission, en invoquant principalement des raisons de santé, et a précisé que son départ n’était pas lié à son engagement politique ni à son soutien aux nouvelles autorités.
Ses prises de position ont accompagné plusieurs séquences politiques, des années socialistes aux présidences d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall. Parmi ses ouvrages figure Me Wade et l’Alternance : le rêve brisé du Sopi. Cet engagement pour l’éthique publique et la transparence a aussi marqué les hommages rendus après sa disparition : le vice-président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a salué un intellectuel engagé et un homme de conviction qui a consacré sa vie à la défense des libertés démocratiques, de la justice et de la bonne gestion des ressources publiques.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a, lui aussi, exprimé son émotion et sa reconnaissance, évoquant un ami et un doyen dont il avait apprécié les conseils, les suggestions et les enseignements. Ces hommages rappellent la place qu’occupait Mody Niang dans le débat public : ses écrits et ses prises de position dénonçaient les dérives de la gouvernance et visaient à éveiller les consciences citoyennes.



