Modou Fall Ngom a prié pour les victimes de l’accident qui a tué trois membres d’une famille, mais la juge aurait attendu de lui des excuses formulées directement. Cette différence entre une expression religieuse du remords et les mots attendus à l’audience marque l’un des épisodes d’une condamnation particulièrement lourde, qui a suscité des réactions dans la communauté sénégalaise aux États-Unis.
Le 29 octobre 2026, le tribunal du comté de Delaware l’a condamné à 22 ans et six mois de prison. Chauffeur routier d’origine sénégalaise, il avait reconnu sa culpabilité après la collision du 11 avril sur l’autoroute Interstate 71. Son camion avait heurté des véhicules ralentis dans une zone de travaux.
Avant le prononcé de la peine, il a récité la sourate Al-Ikhlas et prié pour les victimes et leurs proches. Il a aussi déclaré que le drame n’était pas intentionnel et qu’il pensait chaque jour aux personnes décédées. Présent à l’audience, Mamadou Dramé, juriste et ancien président de l’Association des Sénégalais des États-Unis, rapporte à Xalima que la juge Marianne Hemmeter lui aurait reproché de ne pas avoir présenté d’excuses directes.
Depuis New York, Mamadou Dramé a déploré la sévérité de la sentence. Selon lui, les regrets exprimés par Modou Ngom auraient pu être davantage pris en considération au moment de déterminer la peine. Il a également évoqué la possibilité d’un recours, alors que la condamnation de 22 ans et demi suscite de vives réactions parmi les Sénégalais établis aux États-Unis.
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La prière de Modou Ngom peut, pour celui qui la prononce, exprimer sa compassion. Dans le cadre judiciaire américain décrit dans l’affaire, des regrets formulés personnellement peuvent aussi compter dans l’appréciation du condamné. Le récit ne permet toutefois pas d’affirmer que cette différence d’expression a déterminé la peine.
La juge a également insisté sur la gravité de l’accident, qu’elle jugeait évitable, et sur ses conséquences pour les familles. Avant la détermination de la peine, le jury avait reconnu le chauffeur coupable de trois homicides aggravés au volant et de cinq infractions liées aux blessures causées par la collision.
Modou Ngom a soutenu que l’accident n’était pas volontaire, tandis que sa défense contestait le degré d’imprudence retenu contre lui. Les regrets exprimés et la compassion envers les proches des victimes ne règlent donc pas, à eux seuls, la question de la responsabilité pénale ni celle de la qualification retenue par le jury.
Cinq autres personnes ont été blessées dans la collision.



