Le Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) a appelé les autorités sud-africaines à prendre des « mesures urgentes, concrètes et durables » pour protéger toutes les personnes vivant sur leur territoire, après de nouvelles violences et actes d’hostilité visant des migrants en Afrique du Sud. Dans le même texte, l’organisation dit soutenir la position des évêques d’Afrique australe en faveur des victimes.
Publié mardi 5 mai, ce communiqué exprime une « solidarité fraternelle et ecclésiale » envers la Conférence des évêques catholiques d’Afrique australe (SACBC), tout en adressant un message aux victimes et à leurs familles. Signé par le président du SCEAM, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa en République démocratique du Congo, il décrit ces violences comme une atteinte grave à la personne humaine et aux fondements de la fraternité africaine.
Le texte rappelle aussi que l’Afrique du Sud connaît en 2026 des épisodes récurrents de violence, d’intimidation et d’attaques visant des étrangers et des migrants, sur fond de nouvelles manifestations anti-immigrés dans plusieurs centres urbains, un constat relayé par Aciafrique. Le 27 avril, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples avait déjà fait part de sa vive inquiétude face à ce qu’elle a présenté comme un schéma persistant de violence xénophobe et d’actes de justice populaire contre les migrants.
Ce que le SCEAM met en avant, et ce qu’il demande
Dans son communiqué, le SCEAM affirme qu’au cœur de la crise se trouve « un défi fondamental à la conscience humaine ». Les évêques rappellent que chaque personne est créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, et que cette dignité doit rester le critère principal de toute organisation sociale et de toute politique publique. Ils réaffirment en même temps la nécessité d’un équilibre entre la souveraineté légitime des États et l’obligation, pour les migrants, de respecter les lois et les coutumes des pays d’accueil.
L’organisation estime aussi que les violences observées en Afrique du Sud portent atteinte aux droits garantis par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, notamment le droit à la vie, à la dignité, à la sécurité et à l’égalité devant la loi. Elle demande au gouvernement sud-africain de mener des enquêtes impartiales, d’identifier et de poursuivre les responsables, de mettre fin aux formes de justice populaire et de renforcer l’autorité légitime de l’État.
Le SCEAM interpelle enfin l’Union africaine, qu’il appelle à assumer pleinement son rôle de gardienne des valeurs continentales, en renforçant les mécanismes de prévention et d’alerte contre la violence xénophobe. « La crédibilité de l’Afrique, qui aspire à devenir un acteur majeur sur la scène internationale, est en jeu », avertissent les évêques, qui disent rester aux côtés des migrants, des pauvres et des plus vulnérables.