Le passage du cyclone Gezani a laissé derrière lui un paysage de désolation sur la Grande Île, obligeant les autorités à déclarer l’état de sinistre national. Alors que les opérations de secours s’organisent difficilement au milieu des décombres, la trajectoire du système météorologique inquiète désormais les prévisionnistes pour une autre nation du continent.
La ville de Toamasina, poumon économique de la côte est malgache, porte les stigmates d’une violence climatique rare. Selon les données relayées par Al Jazeera, le cyclone a touché terre avec des vents atteignant les 250 km/h, transformant la deuxième ville du pays en un champ de ruines. Le bilan humain, encore provisoire, fait état de 38 décès confirmés par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC).
Une ville détruite aux trois quarts
L’ampleur des dégâts matériels est vertigineuse. Le colonel Michael Randrianirina, à la tête du pays, a indiqué que près de 75 % de Toamasina et de ses environs ont été ravagés. Les images parvenant de la zone montrent des toitures arrachées, des arbres déracinés et des infrastructures effondrées. Au total, plus de 18 000 habitations ont été détruites, laissant des milliers de familles sans abri.
Les secours peinent à atteindre certaines zones sinistrées. La route nationale reliant Toamasina à la capitale Antananarivo est coupée à plusieurs endroits, bloquant les convois humanitaires essentiels. Les télécommunications restent instables, compliquant l’évaluation précise des besoins pour les quelque 50 000 personnes dont les logements ont été endommagés ou inondés.
Le Mozambique en état d’alerte maximale
Si l’intensité de Gezani a diminué après son passage sur les terres malgaches, le danger n’est pas écarté. Le système se déplace désormais vers le canal du Mozambique où il devrait regagner en puissance. Les services météorologiques prévoient une intensification du phénomène avant qu’il n’atteigne les côtes du Mozambique, potentiellement dès ce vendredi soir.
Les autorités mozambicaines ont émis des avertissements urgents, craignant des vents violents et des vagues pouvant atteindre 10 mètres de haut. Les populations des zones côtières menacées ont été exhortées à évacuer. Ce pays d’Afrique australe est déjà fragilisé par une saison des pluies meurtrière qui a coûté la vie à près de 140 personnes depuis octobre dernier.
Solidarité régionale
Face à cette catastrophe, le chef de l’État malgache a lancé un appel à la solidarité internationale. La France a réagi en annonçant l’envoi d’aide alimentaire et d’équipes de sauvetage depuis l’île de la Réunion, située à environ 1 000 km de la zone d’impact. Ce nouvel épisode climatique extrême rappelle la vulnérabilité de la région, un mois seulement après le passage du cyclone Fytia qui avait déjà fait 14 victimes dans le nord-ouest de Madagascar.