40 ans, sept années de cavale et une condamnation à perpétuité: la Chambre criminelle de Diourbel a reconnu Djiby Bâ coupable dans l’affaire du meurtre de Valentina Tarallo. Le tribunal l’a aussi condamné à verser un milliard de francs CFA de dommages et intérêts à la famille de la victime.
L’affaire remonte à la nuit du 11 avril 2016 à Genève. À 23h14, un riverain alerte la police après avoir entendu des cris venant de l’avenue de la Croisette. La jeune femme, retrouvée dans un état grave, est évacuée à l’hôpital puis décède le lendemain. Elle était étudiante au Centre médical universitaire de Genève, où elle préparait un doctorat en physiologie cellulaire.
Au cours de l’enquête, l’arme du crime, un tube en fer taché de sang, a été retrouvée. Des traces ADN y ont été relevées à plusieurs endroits, indique L’Observateur, et Dakaractu rapporte que l’autopsie a conclu à un traumatisme crânio-cérébral causé par plusieurs coups. En droit pénal, la réclusion criminelle à perpétuité est la peine la plus lourde, et les dommages et intérêts correspondent à la réparation civile accordée à la famille de la victime.
Les soupçons se sont rapidement portés sur Djiby Bâ, présenté comme le compagnon de Valentina Tarallo. Mais au moment où les autorités cherchent à le localiser, il a déjà quitté Genève. Son téléphone est coupé et des images de vidéosurveillance le montrent dans plusieurs moyens de transport. La traque s’est ensuite déplacée au Sénégal, avec des passages signalés à Saint-Louis, Dakar, Kolda puis Diourbel.
L’homme vivait sous l’identité d’El Hadj Sow et a été arrêté en avril 2023 à Diourbel, alors qu’il tentait de vendre une villa située à Keur Mbaye Fall pour 80 millions de FCFA. À l’audience, il a nié les faits et affirmé qu’un groupe de dealers de drogue aurait agressé le couple après une soirée alcoolisée. Il a reconnu avoir fui, en disant l’avoir fait par peur. Cette version a été rejetée par le procureur. Après délibéré, la juridiction l’a déclaré coupable d’assassinat avec actes de barbarie, mais aussi d’usurpation d’identité et d’usage de faux.