Comment préparer la jeunesse aux ambitions de transformation du Sénégal ? À l’ouverture de l’année scolaire et universitaire, Mary Teuw Niane consacre sa chronique hebdomadaire à l’éducation et à la formation.
Publié dimanche 27 septembre 2026, son texte intitulé « Notre jeunesse, notre richesse pour le futur » revient sur la rentrée des élèves, talibés, étudiants et apprentis. La chronique de Mary Teuw Niane sur la rentrée scolaire rappelle que, derrière la reprise des activités de formation, se joue aussi l’avenir du pays.
L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur estime que l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 ne pourra s’inscrire dans le temps sans une jeunesse instruite, formée, compétente et sûre d’elle. Comme l’écrit Exclusif.net, il présente l’éducation comme un moyen de transmettre des connaissances, mais aussi de former des citoyens attachés à leur pays, à leur culture, à leur communauté et au bien commun.
Il défend également la reconnaissance de parcours professionnels variés. Agriculture, pêche, élevage, artisanat, métiers ouvriers qualifiés, technique, soins, enseignement, recherche ou entrepreneuriat contribuent, selon lui, à la construction du pays. La compétence et la qualité du travail représentent une richesse collective, affirme-t-il.
Face aux évolutions mondiales, Mary Teuw Niane invite à mieux préparer les jeunes aux mathématiques, aux sciences, aux technologies, au numérique et à l’intelligence artificielle. Il considère que ces domaines peuvent aider à comprendre son époque, innover et participer à la compétition internationale. L’apprentissage, ajoute-t-il, se déroule aussi dans les laboratoires, les ateliers, les entreprises, les dara et le monde numérique, en plus des écoles et des universités.
La chronique met par ailleurs en avant la place des familles. Leur rôle ne se limite pas aux dépenses de rentrée : elles constituent le premier cadre où l’enfant apprend le goût de l’effort, la persévérance, la confiance et le sens des responsabilités. Mary Teuw Niane relève aussi les efforts du gouvernement dans l’éducation, la formation, la recherche et les sciences, malgré les difficultés actuelles.
Il associe enfin la préparation de l’avenir des jeunes à quatre leviers : la connaissance, la compétence, le travail et la créativité. Dans une tribune publiée le 17 juin 2026, un professeur d’université avait rappelé que 49,1 % des Sénégalais âgés de 3 ans et plus n’avaient aucun niveau d’instruction, selon le RGPH-5 de 2023.





Venant d’un professeur d’université qui a passé sa vie à l’abri des réalités du terrain, ce genre de tribune est d’une indécence rare. Il est d’une facilité déconcertante de disserter sur l’intelligence artificielle, les mathématiques pures et le « sens de l’effort » depuis le confort d’un bureau académique, puis de conseiller présidentiel, sans jamais avoir eu à tester ses théories dans la jungle du quotidien des Sénégalais.
Cette rhétorique pompeuse est la parfaite illustration du mirage : vendre un billet pour Saint-Louis, verrouiller les portes du bus, et rouler en silence vers Tambacounda en exigeant des passagers qu’ils restent calmes jusqu’en 2050.
Mais de quel avenir parlez-vous ? Personne n’a le luxe de rêver à demain quand il est à l’article de la mort aujourd’hui.
• Sur le terrain réel : Pas d’écoles dignes de ce nom, pas de formation professionnelle adaptée, pas de travail, pas de revenus, pas de quoi subvenir aux besoins élémentaires de sa famille.
• Dans la réalité brute : Près d’un Sénégalais sur deux n’a accès à aucune instruction de base, mais on vient leur faire la leçon sur l’IA et la compétition internationale.
Renvoyer les urgences vitales et immédiates d’un peuple à un horizon lointain de 25 ans n’est pas de la prospective : c’est de l’aveuglement ou du mépris. La jeunesse n’a pas besoin de cours de morale sur le « goût de l’effort » dispensés par des théoriciens qui n’ont jamais créé un seul emploi réel.
Elle a besoin de réponses concrètes pour survivre aujourd’hui. À force de verrouiller les fenêtres et de nourrir les gens de chimères, le réveil ne se fera pas en 2050 : le choc avec la réalité aura lieu bien avant.
Pour vous professeur de mauvaise augure parlez nous plutôt du programme: un ordinateur un étudiant et on écoutera sans doute vos élucubrations intempestives !