Mamadou Sy Albert : le congrès de PASTEF est une aventure politique inachevée

Le premier congrès ordinaire de PASTEF, tenu ce week-end, a été salué comme un moment clé par le parti au pouvoir. Mais pour le journaliste et analyste politique Mamadou Sy Albert, cette étape ne marque pas l’aboutissement du projet politique du parti. Invité de l’émission Objection sur Sud FM, l’auteur de « La gouvernance patriotique de la rupture systémique en question » a estimé que l’aventure politique de PASTEF demeure inachevée. Dans un entretien accordé à Sud Quotidien, il a précisé que le parti doit encore clarifier sa ligne.

Un congrès important mais inachevé

Pour Mamadou Sy Albert, ce congrès sanctionne quinze ans de présence sur le terrain politique et une expérience riche. « Construire un parti, élaborer un programme, mener des luttes, arriver au pouvoir et rester encore un parti assez important, c’est exceptionnel », a-t-il souligné. Il considère cette rencontre comme un couronnement et une étape d’évaluation stratégique pour les cinq prochaines années. Cependant, il rappelle que « celui qui a porté le projet, précisément Ousmane Sonko, a été éliminé et exclu de manière arbitraire ».

Une rupture préparée dès l’arrivée au pouvoir

Selon l’analyste, la séparation entre le président Bassirou Diomaye Faye et l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko trouve son origine dans une double pression subie par le chef de l’État. « Le président a étouffé sous une double pression : la pression de l’opposition et la pression de l’influence d’Ousmane Sonko », a-t-il analysé. Cette situation aurait conduit Diomaye Faye à chercher son autonomie politique, un processus engagé dès son installation au palais. Mamadou Sy Albert s’interroge : « Pourquoi le président, une fois élu, s’est entouré de cadres qui n’appartiennent pas au Pastef ? » Il en conclut que « le président s’est préparé d’une certaine façon à cette séparation ».

Pour l’analyste, la rupture de confiance est désormais actée. Il estime que le président tourne le dos au projet de rupture porté par PASTEF et s’oriente vers « le modèle traditionnel du Sénégal ». Le nouveau gouvernement, selon lui, reflète pleinement cette vision et n’est plus dans la perspective de la souveraineté prônée par le parti.

Mamadou Sy Albert appelle Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale après son limogeage de la Primature fin mai 2026, à la prudence. Il prévient que le risque d’une crise institutionnelle est réel et que Sonko doit éviter de bloquer l’État, sous peine de voir une motion de censure déposée contre lui.

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