Le Pastef tient ce samedi 6 juin son premier congrès ordinaire, un rendez-vous que la direction présente comme une célébration mais qui s’annonce sous haute tension. La veille, vendredi 5 juin à l’hôtel Azalaï de Dakar, le parti a orchestré une fusion par absorption de soixante organisations politiques et citoyennes, dont Aida Mbodj, Malick Gackou et Habib Sy, officialisée par une charte (Enqueteplus). L’objectif affiché est de créer un bloc hégémonique.
En coulisses, l’ambiance est celle d’un règlement de comptes. Plusieurs ministres sont dans le collimateur de l’aile dure du parti, accusés de faire allégeance au président de la République plutôt qu’aux instances. Yankhoba Dieme, ministre des Forces armées, Alioune Dione, Marie Angélique Mame Selbé Diouf et Abdoul Ahad Ndiaye risquent d’être radiés du parti. La candidature d’Ousmane Sonko a été validée, mais six autres dossiers ont été rejetés, les candidats invalidés disposant d’un délai de recours auprès de la Haute autorité de régulation du parti.
Un responsable déjà exclu des groupes
La purge a déjà commencé : Aldiouma Sow, un proche du président Bassirou Diomaye Faye, a annoncé vendredi avoir été retiré des groupes WhatsApp et Telegram du Conseil national et du Bureau politique national. Il accuse Ayib Daffé, secrétaire général provisoire du Pastef, d’être derrière cette exclusion, sans notification préalable. Son « seul tort », dit-il, est d’avoir défendu la démocratie interne et dénoncé le « messianisme ».
La question qui hante ce congrès est celle du sort du président Diomaye Faye, en rupture feutrée avec la frange radicale. Le président a d’ailleurs exprimé des réserves sur la démarche du groupe parlementaire Pastef concernant une modification du Code électoral, estimant qu’il n’y avait pas d’urgence à déposer ce projet de loi. Dans l’entourage des radicaux, on murmure que nul n’est au-dessus du « Projet ». Marie Rose Faye, porte-parole adjointe de Pastef, affirme que les artisans de la division sont au sein du parti, tout en insistant sur l’unité entre Diomaye et Sonko : ‘Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye’.
