À Dakar, les conditions d’emploi des travailleuses et travailleurs domestiques sont au cœur d’un forum régional consacré à leurs droits et à leur protection. Le débat dépasse les seules mesures immédiates : en mai 2026, syndicats, chercheuses et domestiques s’étaient déjà réunis autour d’un agenda pour 2027, signe d’un enjeu qui reste relégué malgré son importance dans la société sénégalaise.
Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a appelé à renforcer la valorisation économique et sociale de cette activité. Il a notamment préconisé que les salaires des travailleurs domestiques soient ajustés en fonction du coût de la vie (APS).
Le ministre a rappelé que les rémunérations minimales du secteur ont déjà été revalorisées à plusieurs reprises au Sénégal, la dernière fois en 2025. Il a aussi recommandé de faciliter l’accès à des formations professionnelles, afin de développer les compétences et d’ouvrir des perspectives de carrière.
Mamadou Lamine Dianté a plaidé pour des contrats écrits qui détaillent les tâches, le salaire, les horaires et les congés. Selon lui, ces documents peuvent clarifier les conditions d’emploi et contribuer à prévenir les conflits. Il a également appelé à mieux informer employeurs et travailleurs domestiques de leurs droits et obligations.
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Sur les inspections dans les domiciles, le ministre a évoqué la nécessité de concilier le respect de l’inviolabilité du domicile avec l’application effective des droits des travailleurs. Cette difficulté s’inscrit dans un cadre qui demeure incomplet : le Sénégal dispose de textes réglementaires encadrant le travail domestique depuis 1968, mais n’a pas ratifié la Convention n° 189 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), adoptée en 2011. La persistance de cet écart entre l’existence de règles nationales et la protection recherchée par le texte international nourrit les appels à faire évoluer le secteur.
Le forum organisé par l’OIT à Dakar se poursuit jusqu’au 21 octobre et rassemble des représentants de douze pays francophones d’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Maghreb. La Convention n° 189 est entrée en vigueur le 5 septembre 2013. Quelques mois avant ce forum, le 7 mai 2026, un atelier organisé au Campus de la FASTEF de l’UCAD par le Groupe pour l’Étude et l’Enseignement de la Population (GEEP), en partenariat avec le projet de recherche MOCODOM et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), avait relancé le débat sénégalais, quelques jours après la fête du Travail du 1er mai.





